Marvejols-Mende 2015… épisode 3….

L’épisode 2 se trouve ICI

Un petit plus d’amorti pour cette dernière descente n’aurait pas été du luxe mais je fais avec ce que j’ai aux pieds; mes 33 DFA , ultra minces ….Une descente de plus de 3 km avec une pente de 7 à 10  % environ ….

Capture (2)

Crédit photo 

Il y a un monde incroyable sur le bord de la route…je passe, seule, entre deux rangées de spectateurs, je dois faire un peu peine à voir après ces 2h15 d’efforts intenses sachant qu’il me reste encore bien 30 minutes à souffrir avant d’être délivrée de cette épreuve…le public compatissant m’encourage alors en hurlant d’un seul cri comme si la médaille d’or des JO m’attendait à l’arrivée…je n’en reviens pas de tant d’amour et ça en était, crois moi, car il en faut pour encourager pendant des heures et sous le cagnard, des inconnus, coureurs amateurs à la dérive…

Je suis hyper concentrée sur ma foulée que j’espère la plus régulière possible…Je suis « dans les temps » mais je sais néanmoins que tout est encore possible du coté du pire; un point de coté ou une crampe qui s’invite et bam! je ferais  le Marvejols en plus de 3h00, ce qui n’est cependant pas dramatique en soi, je te l’accorde…

Un peu comme dans le film « Bienvenue chez les ch’tis »  « ça descend, ça descend, ça descend » ….mais il s’agit là de la route pas de la température extérieure bien sûr….comme tu peux le constater mon esprit s’organise pour se distraire un peu malgré la fatigue et la lassitude…finalement je regrette presque les montées pendant lesquelles je me suis octroyé quelques instants de marche, là c’est mentalement impensable, je suis une coureuse, je cours en descente et il n’est donc pas question que je capitule…la tentation est grande pourtant car le peloton des marcheur étant parti 1h00 avant nous, les voilà en masse à ce moment précis, fatigués, c’est normal, certains ont d’ailleurs abandonné l’idée de finir en marchant…ils flânent plutôt, déconcentrés et certainement bien loin de ce que je peux ressentir en les voyant…ils occupent l’espace, insensibles à mon effort, m’obligeant, un peu à slalomer entre eux, m’obligeant aussi à rester droite dans mes bottes pour finir cette course du bon coté du balisage, à droite; du coté des coureurs....

P****n je suis crevée….j’ai du mal à comprendre comment je peux encore courir « aussi vite » en étant aussi fatiguée…ma foulée est régulière, le souffle est bon, je ne regarde pas le cardio mais je constaterai plus tard  en rentrant chez moi que j’ai évité la dérive cardiaque propre à l’effort de longe durée, je me sens plutôt bien en fait..mais je ne fais pas trop ma maligne car je sais qu’ensuite, il y a une nouvelle montée…c’est fatiguant aussi ce genre de descente, il faut faire attention à ses appuis, il ne faut ni se laisser trop emporter par la pente au risque de se casser la figure ni trop se freiner….je pense à rester cool, détendue le plus possible et je déroule efficacement…un bénévole me lance à la volée: « ouai, bon rythme, belle cadence, continues… » c’est cadeau et je prends, j’en ai besoin….je passe un rond-point, je crois reconnaître celui où j’avais rencontré Fanny l’an dernier…vide le rond point! ça me fiche un coup, mon cerveau divague, peut être que je suis la dernière et que tout le monde est déjà rentré pour le gigot dominical….je tourne à droite, reprend une route puis un nouveau rond point et là c’est la folie….des cris, des bravos, des encouragements, une foule compacte nous encourage….je suis alors une athlète de haut niveau que la foule en délire adule, je suis à Séoul, à Londres ou à Pékin… je suis tour à tour Usan Bolt, Mo Farah, une gazelle noire… je suis à la fin de la descente et là ma cocotte va falloir t’accrocher parce que ça va regrimper…tu feras moins ta maligne….

Crédit photo

Les fins de course sur route, du moins pour les queues de pelotons dont je fais partie, ont ceci en commun que les gens « normaux » , à cette heure là, se sont un peu rapproprié l’espace communal pour vaquer à leurs occupations, c’est bien normal, il faut donc être attentif à ne pas bousculer les mamies sortant de l’épicerie, les mamans traversant la route avec leur poussette, les types qui sortent du café en rigolant et les touristes qui sont à des années lumière de toi, pauvre coureur qui n’a plus qu’une idée en tête, franchir cette fichue ligne d’arrivée en grignotant potentiellement les quelques secondes qui te séparent de ton RP, la belle affaire….j’en suis donc là quand j’aperçois enfin coach-chéri….j’arrive à sa hauteur me délectant de son « vas y  coco »  tonitruant, auquel, à ses cotés, un souriant monsieur que je ne connais pas répond comme dans un écho un tout aussi tonitruant « vas y coco »….ça me distrait un peu ce gentil inconnu qui m’encourage nominativement….je continue mon chemin,….de chaque coté de ma trajectoire sont installées des barrières sur lesquelles accoudées et patients les spectateurs déversent leur joie de nous voir arriver enfin….j’entends le speaker….la délivrance est proche…mais ça n’est surement pas à toi que j’apprendrais que ces derniers mètres sont à cet instant précis les plus difficiles de la course….on dirait que l’arche s’éloigne, je cours à reculons, ou bien? ça grimpe encore, quelqu’un me dit que c’est bientôt la fin….sur mon chemin je croise des coureurs marchant en sens inverse et dont le dossard encore accroché à leur t.shirt témoigne de leur participation à cette épreuve démoniaque…Ils en ont finit, eux….ils peuvent bien sourire pendant que moi je grimace certainement….plus que 100 m…plus que 50m….  ma puce bipe au passage du tapis…un coup d’œil au chrono officiel…je suis finisher, pour la seconde fois, du Marvejols-Mende….

Epilogue….@suivre….

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28 commentaires sur « Marvejols-Mende 2015… épisode 3…. »

  1. 👏🏁 Bravo Coco ! #finisher … Mais quelle course !
    Malgré tes recits (les 2 ans), je me dis que je la ferai bien un jour … Et pi non, hein …. Un instant de faiblesse, une grosse graine de folie … En tout cas, je la fais avec toi chaque année et ton talent de narrateur ne gache rien au niveau sensations !
    Encore bravo, j’ai deja hate de lire l’epilogue, mais surtout ….. Vivement l’année prochaine ! 💋

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  2. Et be que d’émotions, j’ai eu l’impression de franchir la ligne d’arrivée avec toi….
    Allez vivement l’année prochaine! (Ben ouai mais je suis sûre que tu y seras!)

    En tout cas félicitations pour cette course où tu t’es battue tout le long. ET maintenant en route pour La Rochelle!!!!!

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    1. Merci ma jolie….jeudi prochain je ferais la foldingue au départ de la course « Les pieds dans l’eau » et ensuite effectivement; objectif La Rochelle…coach-chéri à acheté du beurre de cacao hier…ça se précise si tu vois ce que je veux dire ;o))

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            1. en même temps à part ma fierté je n’ai pas grand chose à perdre, pas de portable ni de clef…je vais mettre des vieilles hoka en plus parce que l’eau de mer sur des asics toutes neuves ; gloups!!!

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  3. Bravo à toi 👏 Malgré la difficulté ressenti tout au long de ton RC C’est si bien raconté que l. on a envie de t accompagner l année prochaine 😉

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  4. Quelle ténacité … bravo pour ta performance … ça, c’est du compte rendu (1 prologue, 3 épisodes et bientôt 1 épilogue) 🙂 …
    Effectivement on a l’impression d’être une petite souris sur tes épaules et t’accompagner dans ta course de barjots … 😀

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    1. Cette course (le Marvejols) est un peu spéciale, on l’aime où l’on passe vite à autre chose…bon, tu ne seras donc pas sur le mur des avaleurs de bitume mais c’est pas grave et c’est bien aussi que tu fasses d’autres expériences…le mont Ventoux ça grimpe en effet mais ça n’est pas du tout le même profil que le Marvejols, ni le même esprit, 2 épreuves que l’on ne peut pas du tout comparer en fait…

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  5. je me disais bien qu’il me manquait un bout de course! j’avais raté cet épisode!
    beaucoup de belles émotions!
    finisher du Marvejols Mende, ça sonne bien quand même!
    Bravo (bon je sais je me répète un peu mais je le pense sincèrement!)

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  6. Heureusement que les encouragements sont présents sur la course. Ca joue beaucoup pour tenir mine de rien.
    Ca doit être bien tentant de se joindre aux marcheurs arrivée à ce niveau-là de la course j’imagine.
    Oui les descentes « glissantes » peuvent être aussi fatigantes que les montées.
    Grrrrr que je n’aime pas croiser les coureurs qui ont déjà fini marcher en sens inverse pendant que toi tu attends l’arche d’arrivée désespérément…
    Je te félicite pour être allée jusqu’au bout de cette course folle !
    Et quand je lis tout ça je me dis que je suis pas prête à la faire !

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