Marvejols-Mende 2016… le CR par coach-chéri…

11h26’41 »

Je viens de passer la ligne d’arrivée et je ne peux pas dire que je sois content. Je suis arrivé. J’en ai fini avec la dernière côte…

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Après la ligne je regarde mon temps à ma montre : 2h26’41 »

Je ne suis pas essoufflé. Je n’ai plus de jambes. J’avance. Je récupère une bouteille de powerade. Je la siffle d’un trait. J’en prends une deuxième je lui jette le même sort. Je récupère un gâteau Daunat et un chapeau, la médaille de finisher, le verre en plastique de la Lozère, une bouteille de Quézac… Je retourne vers la ligne d’arrivée mais côté public et j’attends Coco….

J’attends Coco et j’essaye de me refaire le film de la course.

3h30 le réveil sonne. Ça pique un peu les yeux mais je suis content d’être au jour J. Ça fait plusieurs mois qu’on sait qu’on va faire cette course avec Coco alors maintenant ça n’est que du bonheur. Je déjeune avec mon Muesli de l’étudiant comme chaque matin. On charge les affaires de sports dans la voiture. Tout est checké, tout est ok. 4H30 on est parti.

7h on est a Marvejols comme prévu. On récupère les dossards.

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Et puis on retrouve les runners que l’on connaît. Virginie, Sylvie, Jean-Michel, Philippe et Marie avec ses baskets roses.

 

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Pour moi ce seront des Saucony Kinvara 6, Ce sont mes running préférés: ultra légères, dynamiques, stables et un amorti ferme. Du maintien et même si elles sont plutôt faites pour du 10km je trouve qu’elles tiennent bien la distance jusqu’au semi.

Le temps passe vite. Il est déjà 8h30, je m’échauffe succinctement parmi les kényans. Pour m’amuser, j’essaye d’en suivre un qui fait un échauffement tranquille en EF… c’est difficile de le suivre. Je me sens bien. Je regagne le sas. Ici il n’y a qu’un sas. Le speaker égraine les difficultés de la course.

Nous sommes un peu moins de 3 000 à faire le semi en courant. Ils sont 500 à être parti en marchant un peu plus matin.

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9h tapantes le départ est donné. C’est parti. Le peloton s’étire doucement et on sent une certaine retenue de la part des coureurs. On profite des quelques hectomètres de plat parce que rapidement nous savons tous que l’on va en baver.

La course commence par un faux-plat de 5 km qui nous conduit au pont des écureuils. J’ai des jambes, je suis bien. Je suis sur mon rythme de semi-marathon. Pour l’instant tout va bien. Le peloton n’est pas tout jeune. Il y a pas mal de masters et il y a même quelques aficionados qui ont fait toutes les éditions.

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On attaque le col de Goudard… Sur la route, la légendaire phrase  »Ici Commence l’Enfer » annonce la couleur. Et la pente s’accentue on est partie pour une montée de 6km avec des passages assez pentus. Au premier ravito je flingue une petite bouteille d’eau et 3 morceaux de Pastèque. Il ne fait pas trop chaud mais l’ambiance est moite et je transpire comme un bœuf. La route s’engouffre dans la forêt. On retrouve la fraîcheur. Le cardio est bien. Quand la pente est trop raide je fais comme tout le monde un peu de marche et ça repart.

A Goudard, dans le hameau, le DJ fait péter la sono.  »Douce France » de Rachid Taha, je poke la main du DJ et le haut du col se fait attendre.

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Arrivé en haut je suis soulagé, je vais descendre et la 2ème montée est moins pentue, donc ça va le faire. J’en viens presque à penser que la course est faite…

4km de descente avec des passages à 15%, des courbes douces, je fonce, je me régale comme les gamins qui sortent de l’école à la fin des cours. Je galope et j’ai un collègue de circonstance qui fait la descente avec moi. On se tape un kiffe avec une allure qui frôle les 4’00 au km. La pente devient moins raide on se dirige vers la montée de Chabrits.

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Les ravitos se succèdent et je carbure au powerade. Au 14ème km les choses sérieuses recommencent… Et là c’est la panne. Plus de gaz. Je n’arrive pas à relancer. Je marche. Plus de jus… Ca va être long jusqu’à Mende en marchant. Je gamberge. Et puis je me fiche un coup de pied au cul et j’essaye tant bien que mal de faire la méthode Cyrano. J’alterne plus la marche que la course. J’ai des jambes en bois. Je me demande si je n’ai pas un peu exagéré dans cette descente. C’est difficile d’alterner montée et descente. On arrive à Chabrits, le peloton est très étiré et c’est un ravito supplémentaire. Je bois sans soif. Il commence a faire chaud. L’ambulance nous double avec un coureur dedans. Mais Chabrits c’est comme Goudard tu crois que tu es en haut du col mais il te reste 1km à gravir. Dans la côte j’oscille entre 8 et 9min/km et je suis impatient d’attaquer la descente. Je n’ai toujours pas de jus. Je commence à descendre mais moins fort que précédemment. Plein d’enfant au bord de la route, je tape la main…

J’approche de Mende… Les premières maisons. Il reste moins de 2 km et a ce moment là d’habitude tu es pris par une espèce d’euphorie… Tu frissonnes un peu… tu as la chair de poule et tu sens l’émotion monter parce que tu sais que tu as fait quelque chose de bien. Tu as atteint un objectif que tu t’étais fixé.

Mais là rien… Nada…On arrive au rond-point à l’entrée de Mende… et maintenant la dernière montée, 500m de côte et un public de folie, qui applaudit, qui encourage et pas du tout de jus, j’en suis même a marcher par moment dans cette côte où normalement je devrais avoir des ailes et tout donner pour grappiller quelques secondes…

Je franchis la ligne… 2h26’41 »

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Je ne me sens pas super bien après cette arrivée. Je n’avais pas d’attente en terme de chrono mais c’est surtout en terme de sensations que je suis un peu déçu. Depuis le 14ème km je n’ai plus de sensations, je n’ai plus d’émotions, je suis dans le dur et je bataille pour rejoindre la ligne et pis c’est tout…

Pas le temps de m’apitoyer sur mon sort que Coco arrive déjà. Elle a fait péter le RP de 8’38 ». Pour sa 3ème participation et après plusieurs plans d’entraînement le travail a fini par payer…

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On prend quelques instant des nouvelles de nos amis de Jecourstoujours, on retrouve Marie et Cyril et il faut déjà partir vers la navette…

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La course est très difficile. Ce n’est pas seulement le dénivelé, c’est surtout l’alternance de montées et de descentes et le fait qu’il n’y a jamais un moment de répit sur cette course…

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Le joli T-shirt de finisher

19 commentaires sur « Marvejols-Mende 2016… le CR par coach-chéri… »

  1. Le principal étant que tu puisses te la péter avec ton tee-shirt finisher!!!!!
    Bon tu t’es pris le mur dans la tronche en fait, parfois ça arrive, parfois pas, parfois au 12 ème parfois au 19ème on sait rarement quand il arrive, mais tu es allé au bout de la course et ça c’est plutôt pas mal!!!!
    Un jour je la ferais, à lire les CR chaque année, ça me donne envie même si vous avez tous l’air d’en chier votre race quand même!!!!!

    En tout cas félicitations à vous deux!!!! Et en route pour le podium pour l’année prochaine!!! Il faut bien que tu prennes ta revanche!!!!

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  2. Merci Gwendoline pour tes félicitations. En fait on pourrait faire une big flash mob l’an prochain vers le 25 juillet 2017 : tous en Lozère pour le Marvejols Mende. Ce sera le 45ème donc en plus c’est un super anniversaire. C’est en dehors des objectifs marathons de printemps ou d’automne donc en fait ça pourrait le faire grave. JDCJDR. Si tout le monde prévoit un peu a l’avance en plus c’est dans le centre de la France donc tout le monde peux venir des 4 coins de l’Hexagone….
    Ben sinon le mur était sympathique… Le 2eme surtout qui grimpe doucement mais surement et qui est difficile à attaquer après la descente…

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  3. Bravo à vous 2 !
    Cette course attire en même temps qu’elle effraie. C’est là tout son charme.
    On voit que t’en as chié mais on s’y voit quand même. Très étrange. Le coureur serait il un brun maso 😀

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    1. Eh oui Ana. Pendant cette course tout le monde en chie mais tout le monde revient. Je crois qu’il y a sans doute un brin de masochisme mais aussi cette course te rend humble. C’est sans doute pour ça que les coureurs reviennent… C’est incroyable le nombre de coureurs qui se plaignent pendant la course mais a peine la ligne franchie ils parlent déjà de revenir…

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  4. Pas de doute, une fois réalisée, cette course reste ancrée au fond de votre cœur.
    C’est un cocktail de la difficulté du parcours combiné à la qualité de l’organisation, la gentillesse des bénévoles et la bonne fraternité de tous les coureurs et des spectateurs. Le tout, avec un coût modeste pour le participant, ce qui est avec de telles prestations une réussite inégalée. Merci de nous offrir un tel cadeau : une magnifique compétition dans cette Lozère attachante. Alors, c’est à nous,coureurs de faire de la pub afin d’étoffer le peloton et que notre Marvejols – Mende perdure très longtemps. Amicalement.

    Aimé par 1 personne

  5. Bravo d’avoir franchi la ligne malgré l’absence de sensations et d’émotions…
    Pas facile de persévérer quand c’est comme ça.
    Encore bravo a coco pour ce pétage de chrono !
    Une course vraiment pas pour moi a chaque CR lu…

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    1. Je transmets , merci….
      Disons qu’effectivement l’épreuve n’est pas facile mais c’est aussi ça la course à pieds, des fois ça roule tout seul mais le plus souvent il faut batailler, contre le vent, le froid, le chaud, l’envie de dormir, de vomir (cf l’urban race de narbonne, la course de la semaine d’après) …quand tu oublies que tu batailles, tu as gagné ;o))
      Ca fait un peu loin mais si un jour tu rentres en france, au contraire, lances toi sur cette course, elle est magique et accessible à tous…

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      1. Participer à une épreuve, c’est la recherche d’une expérience, donc, plus le parcours est sélectif plus nous sommes heureux après avoir franchi la ligne d’arrivée. Certes, le chrono réalisé engendre des joies ou parfois un peu de regret, (mais vite oublié), le principal étant de se dire : j’y étais et je l’ai fait. Et c’est ainsi que dans son palmarès s’inscrivent le 10 km, le 20 km (disparu), le semi, le 25 km (disparu), le marathon, le 50 km, le 100 km sans oublier le contre la montre, le trail, la montagne, la course à étapes et même plus rare un raid à deux avec un Road Book (Le relais extrême du Vercors en 1996, environ 250 km).
        Et avec tout ça, nous côtoyons des personnes sympas, bourrées de joie de vivre, certaines, malgré un handicap, nous donnent de l’énergie et cette envie de courir.
        Alors, pourquoi pas essayer dès le prochain weekend.

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        1. Bonjour Pascal…je crois que dans mes lecteurs (et mes commentateurs) tout le monde s’accorde en effet sur le fait que participer à des courses officielles, quel que soit le terrain ou le format, c’est le bonheur absolu….bonne journée….

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