La distance Marathon et mon moi-runneuse…

le 1er (La Rochelle 2015) :

Le départ: je l’ai pris la fleur au fusil, totalement décontractée et certaine (à peu près) d’arriver au bout dans les limites de la barrière horaire, en mode « youyou », totalement inconsciente de ce qui m’attendait, forte d’une prépa plutôt intense et avec quelques sorties longues XXL de 32 km à mon actif, je me sentais relativement à l’abri d’un échec, j’allais le terminer, c’était certain…

L’arrivée: haut perchée, totalement coupée de mes émotions, absolument à l’ouest puis légèrement déçue de ne pas avoir fait moins de 5h dans les 10 mn qui ont suivi mon arrivée…prise d’une envie immédiate de m’inscrire à l’édition suivante dans le quart d’heure, il m’a fallu plusieurs jours pour prendre la mesure de ce que j’avais accompli…

Le 2ème (Albi 2016):

Le départ: après plusieurs heures de voiture sur une route sinueuse, j’arrive sur le site de la course, malade comme un chien, claquant des dents, grelottante…je reste dans l’habitacle du véhicule jusqu’à la dernière minute, en me disant que ça ne va pas le faire du tout, que le combat est certainement perdu d’avance mais qu’il le serait doublement si je renonçais à y aller…je vais rejoindre l’arche de départ un peu comme on partirait à l’échafaud..le coup d’envoi est donné, je me sens mieux…

L’arrivée: Albi n’est pas un marathon facile pour la petite runneuse que je suis, ni physiquement (D+) , ni mentalement (peu de participant, niveau relevé, tunnels de montagne) alors je suis bien heureuse d’en avoir terminé, en plus de 5h mais je m’en moque puisque j’ai fait légèrement mieux que sur le marathon précédant qui est beaucoup plus roulant…je suis satisfaite et dans les 10mn ma décision est prise, je reviendrais en 2017…

 

le 3ème (La Rochelle 2016):

Le départ: Cette fois ta fleur au fusil, coco, tu sais où tu peux te la mettre…je suis terrifiée! ce n’est rien de le dire, au bord des larmes dans le sas duquel sortir n’est pas franchement évident, je reste…

l’arrivée: Après une chute assez violente  à 2km de l’arrivée, je passe l’arche  avec la bouche en sang,  1 dent cassée, 1 cote fêlée, 2 dents de devant enfoncées…et un RP de 30mn, sur l’instant c’est la seule chose qui compte…direction la tente des urgences pour quelques premiers soins, j’en oublie ma médaille , je rejoins finalement coach-chéri inquiet, je suis triste et mal en point et j’essaie de comprendre ce qui vient de m’arriver…je m’éloigne du site  clopin-clopant quand je m’aperçois que je n’ai pas pris mon trophée, je fais demi-tour, escalade je ne sais quoi pour arriver jusqu’à une gentille bénévole qui par chance m’a vue entrer aux urgences et me donnera donc ma médaille avec ses félicitations…

 

le 4ème ( Albi 2017)

Le départ : Décidément, cette longue route sinueuse qui nous mène jusqu’à Albi ne me réussit pas…nous sommes partis de nuit et je n’ai rien pu avaler pendant le trajet, j’arrive sur le site avec le coeur aux bords des lèvres, le ventre en vrac, je prendrais donc le départ à jeun sans penser une seule seconde que ça puisse me porter préjudice, je suis contente, j’ai revu la copine marie, après moi le déluge…

L’arrivée: si le premier semi a été paradisiaque, la seconde moitié a été démoniaque…21km de souffrance, physique, mentale, j’arrive enfin, je pose ma tête sur une barrière de sécurité et je pleure tout ce que je peux…je m’endormirais sur la table d’une gentille masseuse avant de me relever, en pleine forme, prête à rempiler en 2018…même pas mal….

Le 5ème: La Rochelle 2017

Le départ: en short, par des température négatives, coincée 1h dans un sas duquel coach-chéri ne peut pas pas s’approcher et avec en prime une cystite carabinée, tu  la visualise ma joie de vivre?

L’arrivée: La Rochelle, plus jamais, plus jamais, plus jamais! voilà ce que je me suis dit et qui résume parfaitement ce que j’ai vécu sur cette édition, j’y ai tellement souffert (trop froid, trop de monde, trop de pavés, trop d’envie de faire pipi) qu’immédiatement, je sais, que pour le prochain marathon d’automne, il me faudra trouver une autre épreuve, loin de mes souffrances du jour…et je n’ai pas changé d’avis depuis…

 

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Morale de ma petite histoire de marathonienne:

En Marathonie, moins tu en sais, mieux tu te portes…

 

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8 commentaires sur « La distance Marathon et mon moi-runneuse… »

  1. j’aime beaucoup ce récit. J’en ai fait 2 et je crois bien que ce seront les seules ( si je veux garder ma famille).
    Mon prochain challenge sera un semi et surtout prendre du plaisir…
    Bon courage Coco, pour les prochaines longues voire tres longues sorties.

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  2. Très bel article, qui reflète bien nos états d’âme sur marathon… A se demander pourquoi on y revient toujours, sur cette sacrée distance…
    On doit être un peu masos quand même, non ? 🙂
    Bonne préparation, que l’on fera en parallèle, je crois qu’on court chacun dans son coin, le même jour…

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