Marathon d’Albi 2018…en mode apocalyptique…

 

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Bon, commençons par la fin, nous avons terminé ce marathon in extremis, en 5h30’25″…c’est donc là le pire chrono de ma carrière de marathonienne amateure et j’espère bien ne jamais reproduire un tel temps sur la distance…50 minutes de plus que mon chrono de référence, ça laisse un gout amer mais c’est comme ça…

Je n’avais pas d’objectif mais je n’imaginais pas un tel désastre, je pariais plutôt  sur un temps similaire à celui de mes précédentes participations sur ce parcours qui reste, de toutes façons, bien difficile pour moi (je le termine habituellement en 5h10 maximum contre 4h40 à la rochelle)

Va comprendre, mon plus chouette marathon, j’en avais pris le départ stressée et blessée, j’avais fait une course formidablement bien vécue et malgré une chute à 2km de l’arrivée, 1 côte fêlée, 1 dent cassée et deux autre enfoncées j’avais fais là mon meilleur chrono…dimanche dernier, je suis partie relax, sans bobo d’aucune sorte et dès le départ j’ai su que ça n’allait pas le faire…

Pourtant j’étais bien entourée…coach-chéri, Jean-Michel des JCT jusqu’au premier semi, 2 ou 3 coureurs anonymes plutôt sympathiques avec qui j’ai pu converser un peu, mais je n’avais pas de jus et je n’ai jamais pu atteindre un semblant d’allure marathon, rien à faire, ça ne voulait pas, je plafonnais aux alentours de 6’45″/km, je m’en serais bien contentée jusqu’au bout mais c’était sans compter la pluie qui s’est abattue sur les marathoniens à la traine, à peine le demi-tour du 1er semi effectué..

Au début c’est tombé gentiment, ça s’est arrêté quelques minutes puis ça a repris de plus belle pour finalement virer au drame , nous sommes au sud de la France et au sud quand il pleut, ça ressemble plus à une mousson tropicale qu’à un pipi de moineau nordiste…

Bibi  (c’est moi), en short et t.shirt, a d’abord résisté… »non, je ne mettrais pas ma veste » (qui était encore pliée dans le camelbak privé de sa  poche à eau, de coach-chéri) puis finalement 1h plus tard, oui, je la prends, ça réchauffe un peu, mais  ça ne sert finalement plus à rien, il nous tombe des sauts d’eau glacées sur le nez et ladite veste n’est pas imperméable…

Si j’ai vécu un 1er semi, tout à fait lent mais sympathique, je vis maintenant un enfer sur terre, je passe la barrière horaire des 30km de justesse (en 3h30), mes cuisses sont tétanisée et me font un mal de chien alors j’essaie de marcher mais même ça je n’y arrive pas…je tente des négociations avec coach-chéri qui m’engueule un peu et fini par me prendre la main pour que j’avance, il me trainera ainsi, comme un boulet pendant au moins 12km…12km de souffrance et ce n’est pas le mur que je me prend là, non! juste, je souffre…nous courons depuis déjà 4h, il pleut des cordes, il y a du vent, j’ai mal, ça coince, ça tire, je souffre, j’ai envie de faire pipi, je fais ça n’importe où, en pleine ville, c’est ça ou je j’allais me faire pipi dessus, j’ai la la nausée, j’ai mal au ventre, j’ai  le moral dans les chaussettes, mes fringues sont trempées, mes pegasus pleine d’eau, les rues sont désertes…nous sommes donc désormais seuls au monde, la voiture balai n’est pas bien loin et nous allons faire le tour de la planète, main dans la main, cahin-caha, coach-chéri en serrant les dents et moi en pleurnichant…et crois moi, le tour de la planète sous le déluge, c’est infernal mais nous finissons par arriver, trempés, gelés, dans un stadium  complètement vide, ne cherche pas le coté émotionnel du truc, il n’existe pas, nous passons l’arche, coach-chéri « fonce » vers ce qui reste du ravito d’arrivée, moi je me dirige sous la tente des kinés, en claquant des dents, courbée en deux et peinant à me trainer jusqu’à  la table de massage …

Game over….

On pourrait faire un flash-back  du déroulement de ce marathon ainsi que de sa prépa mais ça ne changerait pas grand chose à ce final assez désastreux…il y a certes des choses à revoir au niveau de ma prépa, certainement (j’ai clairement manqué de résistance)  mais moi je pense surtout que je suis un peu juste pour ce marathon là précisément et je vais mettre celui ci un peu de coté pour quelques temps…

Je ne vois pas cette épreuve comme un échec, l’échec aurait été de renoncer à prendre le départ au motif de la météo qui nous attendait ou bien d’abandonner en route, je n’en étais pas loin mais j’ai tenu bon par contre il est clair que si je devais vivre mon prochain marathon de la même manière, j’abandonnerais alors ensuite l’idée d’accrocher des dossards sur cette distance mais pour le moment nous n’en sommes pas encore là…

Bref, j’ai couru, à presque 53 ans, mon 6ème marathon et j’y ai vu la vierge puis tous ses saints, les 7 nains, des éléphants roses et pour finir l’apocalypse ..j’y ai vu aussi la main de coach-chéri dans la mienne, pendant 12 longs kilomètres, je resterais sur cette douce image…

 

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16 commentaires sur « Marathon d’Albi 2018…en mode apocalyptique… »

    1. Merci caro, voilà c’est tout à fait ça et je pense que, pour ma part (je m’avance un peu en imaginant que c’est valable aussi pour toi) ça m’aide beaucoup aussi à supporter nos efforts parfois bien plus laborieux et qui conduisent à d’autres victoires sur nous même, dans la vie de tous les jours, et dont se passerait volontier 😉

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  1. Description intéressante de ton expérience sur ce marathon et qui laisse ressortir un peu d’humour quand même. Tu vas avoir besoin d’une revanche sur la distance et sur ce parcours l’année prochaine de surcroît. D’ici là, je suis certain que tu vas en préparer un autre ou deux même. 😉

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    1. Merci François, une revanche sur marathon, oui mais je ne pense pas refaire Albi de sitôt, il est un peu trop difficile pour moi, idéalement il se court en 4h30 maxi, au delà, on termine dans les derniers sans public pour nous porter…je ferais Toulouse en octobre prochain, ensuite , en fonction de mon ressenti et du résultat, j’aviserais…

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  2. Moi, je vois surtout une Warrior qui n’a rien lâché malgré les difficultés. Franchement, vous avez déjà eu de beaux marathons mais celui à prouver que vous étiez une vraie runneuse, une qui à la gniac malgré tout!

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  3. T’avais une boîte à excuses pleine et rabord, mais tu n’as pas lâché, tu ne t’es pas cachée pour affronter et venir à bout de ton 6eme marathon. C’est pas rien. Tu peux être fière de toi. Pour le reste, je ne doute pas que tu vas trouver les solutions pour rebondir et profiter pleinement du prochain. Encore bravo Coco, t’es une sacrée marathonienne !

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  4. Moi je te dis Bravo Coco. Tu n’as rien lâché comme d’habitude avec une détermination qui force l’admiration. Et je suis sure que tu vas rebondir pour mieux repartir. Je t’embrasse. Marion

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  5. Comme quoi rien n’est jamais écrit à l’avance sur un 42 bornes… C’est pour ça que l’on y revient. Grosse défaillance, et il te faudra en trouver les raisons, mais surtout quelle belle réaction de ne pas céder à la tentation d’abandonner. Sûr que, au-delà des souffrances, ces 12 bornes partagées avec ton ‘coach’ resteront comme des moments à part, preuves de votre énorme motivation à tous les deux. Bonne récup !

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    1. Les raisons je les cherche effectivement, je n’ai pas de réponse claire, c’est peut-être multi-factoriel ou bien c’est peut être juste un jour « sans » , il est clair que me lever à 3h15 du matin, faire 2h30 de voiture et prendre le départ d’un marathon ensuite, ce n’est peut être pas la meilleure stratégie non plus…alors je ne me prends pas trop la tête, je m’entrainerais différemment pour le prochain et advienne que pourra…le coté positif de l’histoire c’est que les runs de récup’ pour cette semaine se passent beaucoup mieux que d’habitude…merci pour ton soutien et ton commentaire ;o))

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  6. Je suis triste pour toi quand je lis ce CR, tu met toujours tant d’énergie et de bon vouloir dans ta préparation que je comprend ta frustration. Courage Coco et je suis certains que le prochain sera un grand succès.

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    1. Ne sois pas triste Rohnny, moi je ne le suis pas en tout cas, ej considère que c’est un peu le jeu quand même quand on prétend vouloir courir des marathons, surtout à mon petit niveau (ceci dit même les meilleurs, sur la distance, peuvent avoir de grosses défaillances) …comme je le disais sur FB, finalement le marathon c’est aussi un peu comme dans la boite de chocolat de la mère de Forrest Gump, tu ne sais jamais trop sur quoi tu vas tomber… merci pour ton soutien en tout cas ;o))

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