Marvejols-Mende 2018…mon CR…

Etant dans l’impossibilité de nous absenter  tout un week-end, nous choisissons, comme tous les ans, de programmer le réveil à 3h30 pour un départ à 4h30, ça pique un peu mais c’est l’assurance d’arriver et de se garer sans stress sur le site de la course…

D’habitude, comparé à chez nous, on se caille un peu au petit matin sur Marvejols mais la route étant  longue et le chemin difficile, ça se réchauffe généralement dès que nous attaquons les cols mais ce dimanche il n’y a pas eu de round d’observation, on a  eu chaud de suite, promesse d’une épreuve encore plus difficile que les années précédentes….

J’avais choisi volontairement de ne pas embarquer de boisson sport histoire de tenter les ravitos « eau-morceaux de sucre « chers à Serge Cottereau (ma lecture du moment) je voulais aussi tenter les pauses de 45 secondes dont il est question dans son ouvrage « Jogging et Bien être »…je n’avais fait aucune préparation spécifique contrairement aux années précédentes et je souhaitais courir sans regarder mes allures, pour ne pas me mettre, à l’insu de mon plein gré, de pression inutile…

Le coup de la pause de 45 secondes m’a bien servie, j’a grimpé les cols mieux que les années passées (en terme de sensation) et je suis allée au bout de ma course sans jamais la subir mais pour ce qui est du sucre, je ne renouvellerais pas l’expérience, car :

  • à un ravito, je me suis étouffée avec un morceau, devant une spectatrice qui a bien cru ma dernière heure arrivée…
  • pour la 1ère fois en 5 ans de course à pieds, à 800m de l’arrivée, juste avant la dernière cote qui conduit à  l’arche d’arrivée, j’ai eu une crampe de folie, je te raconterais ça plus bas….

Je valide donc les pauses mais pas l’eau simplement sucrée….

Je ne comptais pas regarder ma Garmin, sachant qu’en ce moment je ne suis vraiment pas en grande forme, mes allures étant un peu en chute libre depuis le marathon d’Albi, je me disais qu’il était inutile de me stresser avec un chrono improbable…ce fut une grossière erreur car étant partie finalement beaucoup trop vite (je m’en suis rendu compte en analysant ma course une fois rentrée chez moi) je me suis grillée direct sur les 4 premiers kilomètres, sans le savoir, d’où un chrono final un peu moins bon que les autres années, ce n’est pas grave mais ça me servira de leçon….

les 4 premiers kilomètres furent donc un peu difficiles (et pour cause, cf paragraphe au dessus) physiquement et mentalement, un point de coté tentant de s’installer, la chaleur qui déjà m’écrasait, je savais où j’allais et je crois que là-haut, au dedans de ma caboche, il y avait comme une tentative de  mutinerie mais comme je n’ai pas attendu que la pleine conscience soit au gout du jour , je me suis mise en mode relâchement-méditation rapidement (ça je sais faire) et tout est rentré dans l’ordre, ça tombait bien, le temps de rameuter les troupes positives de mon esprit nous étions déjà au pont des écureuils, là où commence l’enfer du Marvejols-Mende….

J’ai grimpé du mieux que j’ai pu  ce 1er col infernal qui n’en finit jamais et qui te fait croire, à chaque virage, par un stratagème visuel que c’est peut être bientôt fini et qui, pour t’achever une fois en haut te balance que ta souffrance n’est pas terminée…Goudard est un traître, à son sommet , tu as un mur, t’es pas venu là pour enfiler des perles, allez hop! tais toi et grimpe…surtout ne pas trop regarder loin devant soi pour ne pas se décourager, je papote un peu, je me concentre, je me relâche, je marche un peu, je bricole une méthode Cyrano dont j’ai oublié le protocole précis…il y a du monde, du public, de la musique, l’ambiance est amicale, fraternelle, conviviale,  les ravitos en nombre sont très bien fournis, bonheur!!!! je fais mes pauses, je bois et avale mon sucre et je me douche à l’eau en bouteille, la chaleur est torride , je dégouline de flotte et mes pegasus font floc-floc à chaque foulée, mais je m’en moque, je suis au bon endroit, au bon  moment et je suis très contente d’être là…quelques mètres de faux plat, une relance un peu piquante et j’amorce la descente…à fond les ballons car là dessus je suis la championne de l’univers, je double un  paquet de monde très très prudent mais moi la prudence  je m’en balance, je suis libre comme l’air,je n’ai plus mal nulle part, je ne suis pas fatiguée, je n’ai peur de rien, alors je descends à toute allure pendant des kilomètres et c’est l’éclate totale, je sais que ce n’est pas très malin, mais je m’en moque, quelqu’un me prévient que la suite sera difficile, même pas peur,   je déroule, à fond, à fond, à fond comme disait Pa.P1 dans les année 90 (je connais mes classiques! ) je crois bien que pour moi, le Marvejols c’est précisément ce moment là, la descente après Goudard, que j’effectue à une allure bien plus rapides que mon AS10 et  qui m’occasionne à l’heure où j’écris, des courbatures de folie, pire qu’après un marathon ….

Bon mais ne nous emballons pas, une fois en bas, les cuisses en feu, il me faut monter le col suivant alors je sers les dents et j’y vais, sans me décourager, je cours, je marche, je cours, je marche, je cours je marche…et puis je marche…tiens un photographe, bon ben je cours alors…ravito! chouette, je prends un gobelet de boisson énergétique proposé par l’orga, « ça va vous filer la patate ça » me dit le jeune homme en me tendant la boisson souveraine….quelques secondes d’arrêts au calme et c’est reparti, un peu de faux plat et ça descend à nouveau….go!!!! 

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Je m’épate moi même, je ne ressens ni fatigue, ni douleur, rien, tout au plus je serais bien contente d’en avoir terminé quand même mais je gère ma course plutôt pas mal, je m’octroie le droit de regarder mon chrono, j’estime mon arrivée à 3h50 de course, un peu moins bien que les autres années mais tant que je ne dépasse pas les 3h, ça me va, je n’ai pas fait de prépa spécifique, je ne suis pas dans une forme olympique en ce moment et la chaleur est terrible alors ça ira bien, je continue guillerette, je descend à toute vitesse en faisant attention tout de même au revêtement de la route parfois un peu aléatoire, j’aperçois le rond point, je sais que la fin est proche, entre 500 et 800m de grimpette toujours un peu difficile en cette fin de parcours et l’affaire sera pliée….j’arrive sur le rond point et là, paf! impossible de maîtriser ma jambe droite correctement, je fais comme des sortes de soubresauts sans pouvoir m’arrêter totalement et  j’atterris dans une barrière de sécurité à quelques mètres d’un policier faisant à la fois la circulation aux automobilistes et les gros yeux en ma direction…ça a duré un siècle, pour moi (et pour lui) j’ai une affreuse crampe sur mon mollet droit, qui ne passe pas et qui me fait grimacer, aïeeeeeeeee!!! après un certain temps à faire mes singeries devant la maréchaussée je peux enfin libérer le policier de son stress, je vais clopin-clopan jusqu’au trottoir, je m’étire en hurlant intérieurement, je reçois quelques paroles bienveillantes de spectateurs alentours, je sers les dents et je repars grimper les 800 m qu’il me reste à parcourir, je franchis la ligne d’arrivée en 2h54 et des bananes (temps officiel)  toute émue d’en avoir enfin terminée avec mon 5ème Marvejols-Mende, je lave mon esprit de cette fichue crampe et je pense déjà au Marvejols-Mende de l’an prochain….

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Si tu veux lire les CR des années passées, tu déroule ce fil  , tu  y trouveras peut être ton bonheur…

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10 commentaires sur « Marvejols-Mende 2018…mon CR… »

    1. merci François, effectivement tu as tout compris, à moins de faire partie de l’élite, c’est une course qu’on gère plutôt aux sensations, 5 départs, 5 courses très différentes pour moi, mais toujours le même bonheur d’y participer ;o))

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  1. J’espère qu’aujourd’hui tu ne souffres plus de courbatures…
    Merci pour ce récit, cette course me parait terrible et « géniale » en même temps. Bravo pour cette nouvelle édition, entre chaleur et dénivelé !
    Ton CR me fait vivre le parcours et je m’amuse à t’imaginer dans les descentes, je suis comme toi, j’adore je fonce (j’ai l’impression de voler) et je m’en dis qu’en c’est toujours ça de gagné !
    Je crois que je vais lire la méthode que tu testes en ce moment, en revanche je serai bien incapable d’avaler un morceau de sucre 😂 . Moi je bois beaucoup en début de course,(je ne sais pas pourquoi) c’est pour ça que je ne sais pas si j’en testerai une course sans mes bibons.
    Quelle est ta prochaine course ?
    Je te souhaite une belle journée
    À bientôt ici
    Joséphine

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    1. merci…oui j’ai encore des courbatures ce matin mais ça finira par passer…j’ai l’habitude de boire aussi bcp en course, dès le début, mais de patienter jusqu’au ravito ne m’a pas gêné, ce qui m’ a posé problème en revanche c’est le manque de minéraux que je trouve habituellement dans ma boisson sport mais hélas pas dans le sucre blanc, c’est pour ça je pense que j’ai fini ma course avec une crampe en cadeau bonux…prochaine course, la marinade (chez les catalans) un 10km, très rock n’ roll, en soirée, le 14 aout prochain ;o))…passe une belle journée également ;o))

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  2. Un beau récit de course, Marvejols Mende m’a manqué cette année (même si c’était pour la bonne cause), autant pour la course que pour notre rencontre annuelle! je me dis vivement l’année prochaine!
    Ps j’ai eu les mêmes crampes que toi au même endroit (enfin juste à la fin de la descente dans Mende) la première année!

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  3. Bonjour,
    Osez la légende ! Rien n’ai gagné sur ce beau parcours sélectif : il réserve des surprises, parfois bonnes mais parfois plus délicates.
    Cette course sur route, il faut la tester afin de se connaître. Apprécier l’effort, puiser dans sa détermination, oublier les temps de passage pour se laisser posséder par l’instant sport. Surtout, ne pas s’isoler avec des écouteurs dans les oreilles, entendre tous ces bruits qui génèrent l’ambiance du peloton, des spectateurs, être humble et faire simple. Et surtout, ne pas pavoiser avant d’attaquer les 500 dernières mêtres. La ligne passée, votre coeur est imprégné de cette légende qui y reste ancrée pour toujours.
    Votre cerveau, vous dit : revenir !
    Vivez ce WE intégralement, du samedi midi au lundi matin pour un budget raisonnable: hébergement collectif, plus le dîner animé du dimanche soir. Une formule sympa pour connaître la Lozère. Et un beau cadeau pour votre moral

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  4. Bravo à toi Coco pour ta détermination et ta volonté. Tu m’a franchement bien fais rire avec ta crampe et le gendarme et je m’imagine bien la situation… Bonne continuation à toi et bonjour a mon ami Mano Negra 🙂

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