Marathon de Toulouse 2018…mon CR..

Tout d’abord, plantons le décors pré-compétition:

Après le marathon d’Albi il était indéniable que je n’étais pas au mieux de ma forme, cette épreuve m’ayant totalement épuisée, il est fort probable que, sans un engagement déjà effectif, je n’aurais pas envisagé de participer à cette édition du Marathon de Toulouse …Il m’a fallu bien des ressources mentales pour commencer ma prépa et bien  plus encore pour la mener à bien en cet été sudiste caniculaire, rajoutons à cela quelques paramètres physiologiques dans le rouge  et vous aurez les raisons principales pour lesquelles je n’ai eu absolument aucune prétention chronométrique pour ce 7ème 42. 2km

Je voulais le vivre bien, je ne voulais pas heurter le mur du 32ème kilomètre, je voulais le finir, je voulais me dire à l’issue de celui ci que mon aventure marathon n’était pas terminée, et surtout je voulais garder intacte mon envie de courir ensuite… je crois que sur tous ces plans, j’ai réussi mon coup…

Je n’étais pas dans l’espoir « de » mais j’imaginais tout de même le terminer en moins de 5h, loupé! et ce n’est pas grave…

J’ai pris le départ très très prudemment, en me fixant 6’45/km à ne pas dépasser, je m’y tiens, sauf dans les montées (et elles seront nombreuses sur le parcours) où je ne tiens évidemment pas la cadence…je m’arrête à chaque ravito, un gobelet d’eau, 2 sucres, je repars, le temps « perdu » à m’arrêter se rattrape rapidement grâce au cardio qui a eu le temps de redescendre un peu pendant ma micro-pause…Je ne vois rien du parcours, sauf quelques petites mains d’enfants qui se tendent à mon passage et que je check avec joie… je suis dans une bulle confortable et rassurante, je veille à rester à une allure la plus régulière possible, je ne veux pas me cramer, je ne veux pas subir la deuxième partie de ce marathon…

Au 15ème kilomètre me tombe une idée fixe au dedans de ma caboche, trouver un petit coin tranquille pour faire pipi…David Vincent n’a jamais trouvé son raccourci, tout le monde sait ça, moi je ne trouve pas de petit coin tranquille et tout le monde s’en moque… flute et zut, ça presse, tant pis, je suis marathonienne, j’ai le droit, que dis je ? le devoir même, de faire pipi où bon me semble et tant pis pour les âmes sensibles…voilà, ça va mieux, merci…

Une chose me stresse pendant les marathons, le passage du 1er semi…je sais bien que mon allure baissera indéniablement au fil du temps mais je ne veux pas de ce fichu coup au moral que je prends quasi à toutes mes épreuves une fois le 21ème kilomètre passé…par chance, à Toulouse, il n’y a pas d’arche pour matérialiser ce moment, du coup, il passe inaperçu à mes yeux et c’est tant mieux, je continue ma route sans sourciller…

Cependant ce deuxième semi me donne tout de même du fil à retordre, il est plein de relances et de montées, mon allure en pâtit mais pas mon moral qui reste stable ni mes sensations qui sont toujours agréables….arrive le 27ème, puis le 30ème et enfin le 32ème, fatal à beaucoup de coureurs, je passe ça la fleur au fusil, même pas mal, même pas peur, je ne suis pas loin de voir la vierge…je suis en pleine béatitude….

je continue ma route tranquillement, en m’arrêtant un peu plus longtemps aux ravitos pour récupérer, j’ai la certitude que je pourrais finir l’épreuve mais pour le moins de 5h je sais que c’est totalement cuit et je m’en fiche, mon bonheur est ailleurs, ma victoire sur moi même est presque une réalité….

35ème kilomètre, surprise! je croise coach-chéri (ayant fini son semi depuis longtemps) qui m’encourage sur le bord de la route, effet immédiat, les larmes me montent aux yeux et je (re)prends alors conscience, même si je le savais déjà, de combien courir un marathon peut être difficile…

kilo36, kilo37, ça va encore mais je commence à gamberger ainsi qu’à à faire des calculs improbables et dans lesquels je m’embrouille…je me fais aussi un monologue  intérieur:

« il me reste 7km à parcourir, c’est la distance que je fais tous les jours, au minimum »

« ben non, je suis bête, tous les jours au minimum c’est 8..donc là c’est moins, faut trouver autre chose »

« 6? oui 6!…c’est le parcours  du bateau à l’amandier, aller-retour…sauf quand c’est trempé partout, dans ce cas c’est la côte des chevaux »

« En même temps à l’allure où je vais, c’est grosso modo 1h de course devant moi, 4h30 derrière…si ça se trouve y aura même plus de médaille à l’arrivée… »

« ……………….. »

« @%#&aieeeeeeeeeeeeeee »

Je garderais malgré tout, à peu près le sourire jusqu’au 40ème kilomètre, je ferais les deux derniers en étant un peu au bout de ma vie…à environ 800m de l’arrivée déboulent alors de je ne sais où, des relais en équipe de 4 coureurs,  frais rigolards et sans aucune considération pour les pauvres marathoniens de fin de pelotons que nous sommes, totalement hermétiques çà ce que peut engendrer à ce moment là , les bousculades qu’ils créent..j’en engueule un copieusement, qui ne comprends pas pourquoi je lui parle ainsi, triple idiot qu’il semble être..bref…

Je ne cherche plus qu’une chose, l’arche d’arrivée…je la vois enfin, je m’engage sur le tapis rose et je n’attends pas d’en avoir définitivement terminé pour pleurer toutes les larmes de mon corps…je boucle en pleurant, à 53 ans, mon 7ème marathon en 5h21′ , très très loin de mon temps de référence, avec beaucoup d’émotion et sans dégout aucun pour cette discipline….

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10 commentaires sur « Marathon de Toulouse 2018…mon CR.. »

  1. Bonjour,
    Bravo !
    Peu importe si le chrono est « farceur » par rapport au résultat escompté, ce qui est indéniable c’est d’avoir bouclé ce marathon.
    Sportivement.

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  2. Bravo à toi Coco 👏🏻 J’adore et tu m’as mis la l’arme à l’œil , le principal aller jusqu’au bout , on a le mental le chrono on s’en fiche courir un marathon c’est pas rien on le sait 😉😘

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  3. Wouah, je suis admirative! Vous avez encore réussi, c’est de nouveau un très bel exploit et surtout vous gardez l’amour de la course. Quel mental! Bravo!

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  4. Moi ausii Coco je suis admirative, je ne pourrais en faire autant et tu sais je l’ai essayer. Je suis fier de toi, tu as été au bout de ton 7em marathon. Grand bravo.
    Rohnny

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    1. Merci Rohnny…bien sur que tu le pourrais, c’est juste une question d’envie, physiquement tu en es tout à fait capable, il faut juste que ton mental soit ok pour te relancer dans l’aventure…ceci dit on peut très bien vivre sans avoir jamais couru de marathon, ce n’est pas une valeur ajoutée à la vie ;o))

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