les 3h de Bellegardes, mes impressions en guise de CR….

Nous avons donc pris le départ dimanche dernier de la 2ème éditions des 3h de Bellegarde (30), sous un soleil de plomb…mon moi-runneuse étant transformé pour l’occasion  en version punk puisque j’avais laissé mon camelbak rempli d’Aptonia dans la voiture, influencée en cela par Rasmette, j’avais décidé, subitement, de tenter  le diable en faisant confiance aux ravitos..

Le parcours; une boucle de 2,3km à parcourir pendant 3h, emprunte un chemin bordant un lac, le but du jeu est évidement de faire le plus de km possible, en 3h…il y a peu de difficulté sur ce joli trajet si ce n’est une petite côte à gravir plusieurs fois et qui a pour particularité exceptionnelle, une singulière augmentation de son D+ au fur et à mesure que le temps passe…au 1er tour tu grimpe la petite côtelette facilement, au 10ème ça se complique, et à la fin te voilà à grimper l’Everest en marchant, parce que ça va plus vite et que tu n’as plus de mollets surtout si il fait chaud comme dans un four comme c’était le cas dimanche dernier..à part ça, le confort de course est royale, pas de de voiture donc pas d’automobiliste mal luné tentant de forcer les barrages, pas de piétons affamés sortant de leur supérette à 11h et  entre lesquels tu dois slalomer, un ravito unique ou Rachel et Christiane (pardon si j’écorche un peu les prénoms) ont assuré grave en nous préparant à l’avance et à chaque tour, au coach et à moi même, nos verres de coca coupés d’eau avec le bon dosage qui va bien, le sourire en cadeau bonux et sans jamais nous faire attendre, peut t-on être plus gâtés sur une épreuve? j’en doute….

Du coté des participants j’ai rarement vu autant de bonne humeur sur une compétition  et je pense que le concept de la course horaire y est pour beaucoup puisque finalement lorsque tu doubles quelqu’un tu ne sais jamais  si il est devant ou derrière toi et inversement, exception faite de quelques bolides qui  sont venu pour la gagne et qui sont très facile à détecter au son aérodynamique qu’ils font en te doublant, ce qui n’empêche d’ailleurs pas, pour beaucoup d’entre eux, de distiller tout de même  quelques encouragements au passage à qui lambine un peu …

Les Bénévoles, en nombre, ont magnifiquement égayé l’épreuve, par leur sourire, leur bonne humeur, leur joie d’être là, leur sono ou leurs pompons de pom-pom girls, malgré la chaleur en ce dimanche caniculaire et sans lassitude aucune…

Un petit jet d’eau placé dans un arbre au bon endroit, un brumisateur, tout avait été prévu pour nous rendre la tache un peu plus facile et sincèrement j’ai adoré…je me suis senti bien du début à la fin, je n’ai pas fini à l’agonie, le coca est passé comme une lettre à la poste et à l’issue de cette course j’ai donc pu valider notre participation future au 6h de Pomas prévu en juin 2018, comme je l’ai raconté au gentil speaker qui m’a interrogé à la fin de l’épreuve ( vidéo ici )

A l’issue de la course, un repas était offert pendant lequel nous avons pu assister à la remise des prix…Pour conclure, ce fut donc une chouette épreuve à laquelle nous espérons pouvoir participer à nouveau une prochaine fois…merci à toute l’équipe organisatrice pour ce moment sportif très convivial…

Nos résultats et classement officiels sont consultables ci-dessous :

coach-chéri

coco

album photo complet (qui sera mis à jour au fur et à mesure) consultable ici

crédit photo coach-chéri et duathlonbellegarde

 

Semi-marathon du pont rouge 2017…CR…

Je ne vais pas te raconter kilomètre par kilomètre ce semi-marathon…Il y faisait chaud, très très chaud, si bien qu’un copain des JCT présent ce jour là l’a surnommé lors d’une conversation récente « le semi de la fournaise »…ce petit nom résume assez bien la situation…

Dés notre arrivée ce fut la bonheur…le bonheur d’y retrouver les copains de « je cours toujours » …il fait encore frais à 8h du matin, l’ambiance sur le site de la course est très conviviale, nous récupérons rapidement nos dossards (avec puce) et nos t.shirts (à nos tailles car spécifiées au moment de l’inscription), un tube de gel Isostar ainsi qu’un code d’accès pour visualiser les photos officielles mises gracieusement, en téléchargement libre, à notre disposition  …

Échauffement collectif pour les uns….échauffement solitaire à travers les ruelles de Sérignan pour les autres…et multi-passages compulsifs au pipi-room pour moi …

L’heure du départ approche, nous voilà dans nos SAS respectifs, « plus de 2h » en ce qui me concerne…la température grimpe, tenir l’AS 3h (6’25″/km) pendant 21km, de ce temps là et seulement 3 semaines après le marathon d’Albi me parait très improbable…le coup d’envoi est donné…

 

 

Je pars aux cotés de Jean-michel et Sylvie…je les talonne…6’12 », 6’24 », 6’17…ils vont un peu trop vite pour moi, je ralentis légèrement…ils me déposent sur place…je parcours le 4ème kilomètre en 6’44″…je me sens moyennement bien et je sais qu’il va me falloir ralentir encore si je veux finir cette course en un seul morceau, car au fur et à mesure que j’avance, la température extérieur grimpe…alors quitte à ne pas pouvoir atteindre l’objectif initial sans y laisser ma peau (traduire sans y laisser mon gout pour le running) je me cale à une allure qui me va bien, façon sortie longue du dimanche…j’approche du 5ème kilomètre et je rejoins Sylvie qui n’est pas au mieux de sa forme…nous ferons un bout de chemin en mode yoyo…on se perd, on se retrouve, on se reperd…mais la chaleur aura eu raison de Sylvie, elle m’annonce qu’elle s’arrêtera au 10ème km…tout autours de nous, la chaleur est tellement intense que quelques autres coureurs pensent certainement faire de même…je sers les dents et je continue ma route, doucement, sans accélération intempestive, sans me me laisser distraire ni emporter par la difficulté à respirer de quelques uns…à courir trop vite de ce temps là, on ne va pas loin, je le sais alors je garde mon rythme…quelques jeunes gens s’accrochent à moi à tours de rôle, mais j’entends à leur souffle que malgré mon allure de limace sous Lexomyl, si moi je suis de mieux en mieux sur le plan du mental et sur le plan de l’aisance respiratoire, pour eux c’est une autre paire de manche…ça décroche et ça laisse sa place au suivant…du coup je ne cours jamais seule, c’est assez rare en ce qui me concerne et c’est assez grisant…j’encourage les uns, je plaisante un peu avec les autres, je me sens euphorique et je dois bien être la seule…si tu savais comme je me fous éperdument du chrono à ce moment, je suis juste bien là, à courir doucement un semi-marathon par 35°… je m’arrête à tous les ravitos pour prendre des barres énergétiques que je stocke dans ma ceinture (ce sera pour coach-chéri tiens, je sais qu’il aime ça) et des petites bouteilles d’eau qui me servent de douches portatives…des villageois ont installé des tuyaux d’arrosage par dessus leur grillage ou des arroseurs qui tournicotent sur leur terre pour que nous puissions nous rafraichir et crois moi, je ne m’en prive pas, je m’arrête sous les jets d’eau et c’est juste l’éclate parfaite, je me fiche toujours éperdument du chrono, je suis assez régulière à  cette allure d’escargot à moteur, je suis à plus de 7′ au kilomètre, heureuse…

Autours de moi c’est l’hécatombe par contre, à partir du 10ème km on se croirait juste au 30ème d’un marathon…des qui semblent avoir abandonné, des qui marchent, des qui soufflent fort, des qui souffrent aussi…et puis des camions de pompiers qui retentissent sans discontinuer…je garde le cap, je continue ma route sans me laisser démolir par mon empathie, j’avance, doucement et heureuse….

Me voilà à un ravito derrière lequel se trouve une barrière …derrière celle-ci des coureurs ayant pris un virage en épingle à cheveux et qui sont donc dans le classement devant moi (j’évalue mon arrivée aux environs de 2h30) …voilà l’apparition surprise de Philippe que j’imaginais déjà au delà de l’arche d’arrivée, il m’informe qu’il est dans le dur depuis deux heures, je réalise que la course est difficile pour tout le monde…quelques secondes plus tard c’est coach-chéri qui m’appelle de l’autre coté du chemin alors que je le pensais déjà arrivé également…ça me rend toute guillerette, non pas qu’il soit dans le dur, mais de le voir, tout simplement…

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Je vais courir la dernière demi-heure en ne gardant que le positif de la situation…les bénévoles adorables, les jeunes qui s’accrochent à moi en me permettant de papoter un peu et donc de me distraire…tiens mais au fait j’ai le gel offert par l’orga, je ne prends jamais ce genre de produit, c’est l’occasion d’essayer, pas mal à part un gout de trop peu…des jets d’eau encore, chouette…je suis tellement trempée que mes chaussures font floc-floc, ça me donne envie de rigoler…voilà une relance dans un  chemin sablonneux, un passage dans un souterrain, une passerelle qui bouge à chaque pas, le parcours est varié, je ne m’ennuie pas …il y a des photographes un peu partout…voilà une jeune femme qui n’a plus d’eau et qui se régalera du contenu de ma gourde remplie de boisson iso, si chaude mais tout de même salutaire…nous ferons un bout de chemin ensemble, je n’ai plus ni trop chaud, ni trop soif, tout va bien pour moi, elle peut finir mon aptonia…je continue ma route…j’aperçois au loin Jean-Michel, j’arrive à sa hauteur, je le double…il reste deux kilomètre, ça va le faire, je me sens bien, je n’ai pas spécialement hâte d’arriver…

Je passerais l’arche en 2h33 et des bananes, sous les clameurs du public et des copains,…c’est là, sans conteste, le semi le plus lent de tout ceux qu’il m’ait été donnée de parcourir jusqu’à maintenant mais je n’en garde que du bon…un parcours très joli et plat, une orga au top, des bénévoles charmants, des ravitos conséquents, et du plaisir tout le long même dans les moments les plus délicats, sans parler du joli  t.shirt en dotation, pour une fois à ma taille, que demander de plus?

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L’after était pas mal aussi avec une pizza dégustée sur place et un plouf dans l’eau glacée de la plage d’à coté…Bref, que du bonheur, rdv pris pour l’an prochain…

Marathon d’Albi 2017…mon CR….

L’avant course

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Nous nous sommes levé à 3h30 du matin, la nuit fut très courte… départ à 4h30 pour parcourir des petites routes sinueuses jusqu’à Albi…je prévois comme l’an passé de déjeuner en voiture, j’embarque donc ma crème sport mais comme l’an dernier, rien ne passe… j’arrive à Albi avec le coeur au bord des lèvres, malade comme un chien… nous sommes sur le site de la course, plutôt en avance, il nous faudra donc attendre un peu pour la remise des dossards, ce n’est pas grave, nous allons et venons, ici ou là….je reconnais et salues le monsieur avec lequel j’ai terminé la course l’an passé puis j’échange quelques mots fort sympathiques avec le responsable de l’épreuve….nous décidons de retourner à la voiture pour nous mettre un peu au chaud avant de  reprendre nos licences en main pour retourner ensuite au village marathon…et là, c’est le drame…mon pass-running n’est plus dans mon sac, ni dans mes mains, ni dans mes poches, bref, j’ai perdu mon pass-running…branle-bas de combat, nous refaisons le parcours de tout à l’heure, à l’envers… toujours rien, je pars demander à une gentille bénévole qui distribue les dossards si personne ne lui a ramené mon pass-running, bingo! tout est à nouveau sous contrôle, le coup de chaud est passé…nous retrouvons mary et sa petite famille, le temps passe vite, il est déjà presque l’heure du départ…voici franck qui apparait…on se dit qu’on a une chance folle, que le temps va être magnifique, pas trop chaud, pas de vent…et c’est justement à ce moment là que ça commence à souffler…

la course

le départ est commun pour les semi-marathoniens et les marathoniens, je pars du fond et à jeun…dès le début je suis dans le rythme que je me suis fixé mais il me faudra quelques minutes pour être pleinement dans la course…nous allons passer sur une allée pleine de platanes perdant leurs pollens…beaucoup de coureurs s’étouffent, toussent, crachent, larmoient et s’arrêtent pour reprendre leurs esprits, je continue ma route imperturbable..

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crédit photo: Cyril, le chéri de marie

Je commence à me sentir vraiment à l’aise et à ressentir le bonheur d’être là, à courir dans ce joli décors albigeois…les kilomètres défilent, un peu lentement à mon gout mais je tiens à respecter l’allure que je me suis fixé, sur ce point je suis totalement à l’aise, je me sens en confiance, bref, ce n’est que du bonheur…je passe le km 10 en 1h03’31 » (temps prévu sur mon bracelet 1h03″45″) autant dire que je frise la perfection quand à mon tempo…nous sommes sortis de la ville depuis longtemps maintenant et nous sommes donc en pleine campagne…en face arrivent les « semi » qui ont déjà fait leur demi-tour, l’ambiance est détendue et joyeuse, beaucoup, comme moi, attendent de voir un coureur connu arrivant en sens inverse, de l’autre coté de la chaussée…voilà franck à qui je tape la main…un peu plus tard mon coach-chéri…et puis voilà mary, tout sourire…

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crédit photo: marie

je continue ma route encore bien entourée de dossards bleus ou roses et puis la séparation se fait entre les différents formats de course…me voilà un peu plus seule à présent…je me sens toujours très bien et je suis toujours dans un bon tempo…je mesure la chance que j’ai d’être là, je suis bien…je continue d’avancer, à l’aise et voici le 1er tunnel de montagne, long de près d’un km…je m’y engouffre, il y fait noir comme dans un four, je n’ai plus aucun repère, je vois  peu ou même pas du tout  où je pose mes pieds, la sensation est grisante (peut être angoissante pour d’autres, c’est véritablement une expèrience personnelle) et j’adore cette  impression éphémère (et un tantinet virtuelle) de courir vite…à nouveau l’air libre, la lumière, la chaleur et le vent de face (ce dernier ne m’avait pas quitté, même sous le tunnel, va comprendre)…je sors de là toute guillerette, je « kiffe grave » ce marathon , les paysages sont magnifiques, les bénévoles nombreux et adorables, le vent souffle mais ne me gène pas, je garde le rythme, je suis bien, tout va bien, même pas une petite envie de faire PIliPIli pour ternir ce tableau idyllique…je suis entrain de vivre un marathon de rêve, je m’engouffre dans le deuxième tunnel et j’en ressors toujours heureuse….j’ai maintenant un vent de face qui s’est bien manifestement renforcé et je passe le semi en 2h18’35 » (temps cible 2h15’07 » ) …je constate que j’ai un peu de retard mais rien de bien méchant, il me reste environ 1km à lutter contre ce phénomène météorologique avant de faire demi tour, j’aurais alors parcouru un peu plus de la 1ère moitié de ce marathon (soit 22km), j’aborderais cette  deuxième moitié déjà un peu entamée, vent de dos, je rattraperais mon retard, ça va être encore plus le kif….youhouuuu!!!

Je fais mon demi tour devant des bénévoles adorables et sympathiques prenant  note au passage de mon n° de dossard….je parcours environ 200m et là….bim, bam, boum, des briquettes provenant probablement du mur du 30ème commencent à pleuvoir au dedans de ma caboche…

Bienvenue en marathonie…

Toute ma ceinture abdominale est contractée, je tâte et je sens mes abdos durs comme du bois, l’image qui me vient immédiatement à l’esprit ce sont ceux ( les abdos)  de Bruce Lee…ben ouai et tout ça n’est pas de bon augure… et pardon pour la référence sportive datée, mais je suis née en 1965..donc ce sera Bruce Lee…

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Donc j’en suis à me demander ce que viennent faire les abdos de Bruce Lee dans mon parcours puis mon cerveau dévie, parce que en plus d’avoir des abdos bétonnés, voilà qu’arrive un point de coté de la mort qui tue et même pas du bon coté en plus, bref….mon allure se dégrade, mon mental en prend en coup et j’apprends alors à courir un marathon en appuyant là où ça fait mal dans l’espoir que ça passe…et ça passe…mais ça revient dès que je relâche la pression digitale…je vais courir un moment comme ça, je ne sais pas combien de km au juste, le plaisir n’est plus vraiment au rendez vous, je suis seule, j’ai mal au ventre…et pour couronner le tout, pendant quelques minutes mon esprit me jouera des tours à me faire croire que mes doigts de pieds se sont liquéfié…hé ouai ça se passe comme ça en marathonie, parfois, tu y vis de drôles de chose…

Je suis dans un espace temps très étrange, je ne me sens pas fatiguée, simplement je n’avance plus pis j’en ai raz la carafe, alors de temps en temps, je m’arrête, puis je repars, puis je m’arrête à nouveau parce que héhoheinbon, ça va bien là!  on s’en fout du marathon après tout…l’arche d’arrivée OSEF aussi…rien à cirer…puis je me ressaisis, bref, je fais le yoyo un bon bout de temps…je reprends les tunnels sombres et noirs tout dégoulinant de flotte, si kiffants dans l’autre sens mais devenus maintenant si anxiogènes…chaque fois que je stoppe ma course pour respirer un peu, j’arrête le chrono… avec ma Garmin aussi je fais donc le yoyo, parfois je ne sais même plus si le chrono est en route ou non alors j’appuie dessus, au hasard…bref, je défonce comme je peux et au fur et à mesure, le mur qui se dresse devant moi… je passe le 30me en 3h24’28 » (temps cible 3h13’32 ») …j’en bave tellement que j’en oublie l’essentiel, et ça je t’en parlerais  plus bas dans le récit, pour l’heure donc, j’essaye de survivre, je m’arrête désormais à chaque ravito pour manger un bout de banane et stocker au passage, dans un coin de ma tête, les paroles bienveillantes et réconfortantes de tout ces si gentils bénévoles….

A coup de potassium « bananèsque » mes douleurs aux abdos et mon pseudo point de coté ont fini par se faire oublier, un peu…j’avance difficilement, j’échafaude des plans pour me soustraire à mon obligation de terminer ce marathon, ça me distrait, pendant ce temps là, j’oublie que je suis mentalement au plus mal et je continue d’avancer…mais à présent,  le 30ème étant passé, et alors que d’habitude à ce stade de l’épreuve je me sens toujours mieux,  pour l’heure, ça va de mal en pis… je sers les dents, je bouffe de la brique de mur de marathonien jusqu’au 37ème où là, dans un sursaut de je ne sais quoi j’essaie de me convaincre que c’est bientôt fini…tu parles, quand tu te tapes le mur, ben ma cocotte, c’est jusqu’au bout on dirait…c’est bien fait pour ta pomme, tu payes un déficit d’entrainement…à moins que ce ne soit le  départ à jeun , pourtant je n’ai pas faim…ou bien le choix des chaussures….

A force de souffrir j’ai quand même fini par avancer…un peu…et voilà que me vient, alors que j’essaie de calculer le temps que je ferais sur ce fichu marathon ( si toutefois  je parviens au bout)  la question qui tue: au fait, ça fait combien de kilomètre un marathon? 41 ou 42? …bon, pour les  derniers 195m je sais, mais pour le reste je ne me souviens plus et c’est très embêtant pour mes calculs ça, car vois tu, je suis peut être présentement en train de me défoncer la callebasse contre un mur mais n’empêche que j’aimerais bien ne pas faire plus de 5h…avec un marathon de 41km, ouaip, ça peut le faire, si je me reprends un peu…

Je me suis donc un peu ressaisie, je double un jeune homme qui marche et qui me dit qu’il ne peut plus courir, qu’il est blindé de crampe, je lui propose de la  sportenine et je continue ma route chaotique…je demande en chemin, aux bénévoles, le kilométrage qui me sépare de l’arrive…

« presque rien, 4km. »

puis plus loin encore: 

« presque rien 4km »

encore une fois mais avec une réponse différente:

« 4,5km »

Je cours à reculons, c’est officiel…je m’épanche alors auprès de qui veut bien m’entendre:

« j’en peux plus, raz le bol » 

on me remonte les bretelles:

« oh! tu en as fait 38, tu peux bien en faire 4 de plus »

De fil en aiguille j’arrive sur cette longue ligne droite qui annonce l’entrée du stadium où bientôt  je devrais faire alors une partie du tour de piste afin de  passer l’arche…je demande aux coureurs qui ont fini et qui repartent tranquillement combien de mètres il me reste avant l’entrée du stade:

« 800m »

« je ne te crois pas »

« si si, 800m! allez!!! go!!!! »

Je m’exécute, en grommelant que ça fait bien 1heure qu’on me dit qu’il ne me reste que 800m…puis j’entre dans le stade…

Je ne suis que souffrance depuis 2h30 mais dans un sursaut d’orgueil, regardant ma montre et sachant que c’est tout de même bien mal engagé, je tente malgré tout le sub 5h …j’accélère…coach-chéri me dira plus tard qu’il a trouvé ça bien étonnant…je mets ridiculement  mes dernières forces dans la bataille, je vois à ma montre 4h59 et des bananes, je sais que c’est mort pour les sub 5h que j’échange contre un sub 5h01, ça je peux, je le sais, alors je me jette à corps perdu dans la dernière ligne droite, c’est sans conteste un moment un peu pathétique mais je m’en moque…ça y est, j’y suis, à ma montre je passe l’arche en moins de 5h01′, c’est  terminé! mais c’est sans compter mes arrêts de chrono qui faussent donc le résultat annoncé à  ma montre, je ne le comprendrais que bien plus tard …à ce moment là d’ailleurs, le chrono, je m’en fiche un peu finalement, je m’affale sur une barrière de sécurité et je pleure toutes les larmes de mon corps….je ne pleure pas de dépit à cause de ce chrono dont je me moque éperdument à cet instant précis, je ne pleure pas de douleur, je vais bien, c’est fini..nan, je pleure d’effroi au regard de toute la détresse morale et physique que je viens de vivre pour boucler, dans la souffrance , ce 4ème marathon, à presque 52 ans…

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credit photo: coach-chéri

 

Le mot de la fin

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après l’effort, le réconfort…

Puisque je n’avais aucune trace de courbature ni aucune autres douleurs, pas plus que je ne souffrais d’un surplus de fatigue musculaire, j’ai repris l’entrainement dès le lendemain de ce marathon et ce même jour, le lundi 1er mai donc,  je me suis aussi inscrite au marathon de la Rochelle qui aura lieu fin novembre, je n’en ai donc pas fini avec cette distance…je ne suis ni déçue, ni triste, ni frustrée de ce chrono, je n’ai pas le sentiment de m’être loupée, j’ai juste vécue un marathon beaucoup plus difficile que les 3 précédents, rien de plus…

Je suis heureuse de l’avoir fait, je suis heureuse de l’avoir bouclé, je ne perds pas de vue que c’est un marathon un peu spécial et difficile (de par ses spécificités et de par son profil)  pour la modeste runneuse que je suis, j’espère faire mieux une prochaine fois, j’essaierais en tout cas…

Merci aux organisateurs, aux bénévoles et à toutes les personnes présentes sur le parcours qui ont veillé à notre bien être…merci à tous ces kinés et autres chiropracteurs, présents à Albi, qui ont œuvré pendant des heures avec beaucoup d’amour et de patience pour que les coureurs amateurs que nous sommes puissent bénéficier gracieusement d’une récupération optimum…je reviendrais à Albi, c’est certain….

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Les pyramides 2017…CR…ou comment je suis devenue une coureuse dans ma tête…

En prenant  le départ de ce semi-marathon en pleine prépa marathon avec déjà 66km parcourus dans la semaine  il était évident que je pouvais que renoncer à mon AS 21 théorique (5’55″/km soit 2h04 au 21ème kilo) …je ne voulais pas non plus courir ce semi comme une sortie longue façon Hanson’s méthod (6’44/km) …ma cheville gauche, susceptible depuis quelques jours  (suite de mon vol plané dans les cailloux)  avait été mise sous contrôle par un strap (merci coach-chéri ) j’ai donc pris le départ sans objectif chronométrique avec juste l’intention de courir, si possible mais sans me mettre la pression,  cette épreuve à 6’/km, une allure tranquille, à ma portée …quand tout les paramètres sont optimum…

J’ai le plaisir de rencontrer au palais des congrès, la pétillante Margaux ..et un peu plus tard, la fine équipe de « je cours toujours« …il y a un mode fou à la grande motte (environ 3000 coureurs je crois, mais c’est à confirmer) je rate Xavier, flute et zut …

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jct

le temps est idéal, un peu frais au petit matin, environ 12° pendant la course, pas de vent, pas de soleil, le temps rêvé pour courir au sud… le départ est donné, je pars en fin de peloton, je mets environ 2mn à passer la ligne de départ, ça bouchonne pas mal mais l’ambiance est détendue…je m’élance, je me sens bien, j’occulte le fait que ma cheville gauche serait bien resté tranquille au bobato en ce dimanche 5 mars 2017….

Le rythme est bon, voir même un peu trop rapide par rapport à celui que j’avais plus ou moins prévu de tenir, ma cheville est sensible mais rien de méchant…l’ambiance est bonne, le parcours sympa et l’organisation au top, je ne sais pas si tu peux imaginer ça mais les racines de pin qui dépassent, alors que nous traversons une pinède, sont toute marquées de peinture pour éviter que nous trébuchions dessus, si ça ce n’est pas être des coureurs gâtés alors quels autres coureurs du jour le sont?

Je croise Margaux en pleine négociation avec son petit dej’ …je papote et plaisante avec quelques coureuses.. je tape des petites mains d’enfants qui se tendent sur le bord de la route retrouvée…Royal! nous avons devant nous des routes larges et sans aucune voiture, ils assurent à la Grande Motte, nous sommes vraiment sur une épreuve confortable, avec beaucoup de bénévoles aux ravitos ainsi qu’ aux changements de direction…je poursuis mon chemin dans le confort, avec ma cheville qui n’a toujours pas décidé de se tenir tranquille, je gère ce problème du jour mais  je ne pourrais pas aller plus vite, néanmoins le rythme, meilleur que l’an passé sur cette même épreuve, me convient, je n’en demande pas plus, il y a juste un truc qui me chiffonne, je ne vois pas trop les kilomètres défiler, la course me semble longue, je regarde ma montre: kilomètre 8…seulement!  je continue et nous revoilà au point de départ, nous passons devant le camion Héraultais d’animation, passage de l’arche,  j’entends le speaker…et je réalise que nous allons devoir refaire un tour, voir un peu plus d’après les indications de ma Garmin…

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J’ai juste l’impression d’être là à courir depuis un siècle, pas de bol il va donc me falloir un siècle de plus avant d’en avoir terminé, voir un Peu plus si je considère que je n’ai jamais été douée pour le « négativ split » …mon moral fait un grand saut dans le vide et hasard ou voie de conséquence, c’est le moment que choisit ma cheville pour passer aux choses sérieuses…aïe, ouille, flut et zut!!!

A partir de là, le rythme diminue considérablement…j’ai mal et je ne veux pas souffrir plus, je continue comme je peux..après tout, je n’ai pas d’ambition chronométrique..je ferais probablement le même temps que l’an passé, tant pis…les virages en épingles à cheveux me sont pénibles, la montée sur un pont également mais je gère…et puis arrive cette fameuse ligne droite sur le front de mer, de 2 ou 3km de long, avec demi tour au bout pour bien voir les coureurs plus rapides et arrivant de face… et qui sont dans le bon sens, eux!  celle là pour le moral, elle est raide…je tape dans la main (en la ratant) de Jean-Michel qui galope rapidement de l’autre coté de la barrière…je gère, mieux que l’an passé où j’avais rouspété tout le long, et je compatis avec la dame derrière moi qui crie  aux coureurs d’en face sans plus de réponse que moi l’an dernier:

  « mais, il est où le demi-tour?  »  …

Une fois passé du bon coté j’encourage quelques coureurs… je vois Sylvie et sa compagne de course, tout sourire …

Au fur et à mesure que j’avance, ma cheville me fait de plus en plus souffrir, j’ai l’impression qu’elle a triplé de volume et je commence à être assez engourdie, le strap me comprime sans doute un peu trop, j’envisage l’abandon et je me ressaisie…pas pour longtemps…la douleur s’intensifie…je me fais doubler par plein de monde, c’est dommage, je ne me sens pas fatiguée plus que ça, mes jambes vont bien mais ma cheville est de plus en plus douloureuse, je ralentis, je ralentis, je passe le 19ème et sans réfléchir, je stoppe ma course…et c’est là que mon aventure commence, elle sera certainement sans intérêt pour toi ami lecteur, car cette aventure est si intérieure  qu’il va m’être très difficile de poser des mots dessus:

Je marche.

Et tout d’un coup je découvre que je ne suis pas seule sur ma route, je me fais doubler par une foule de gens….il y en avait du monde derrière moi dis donc…quelques uns m’encouragent, croyant sans doute que je fatigue…mais pour moi la course est terminée, je vais rentrer en marchant… 2km en marchant, c’est rien du tout mais ça va me prendre du temps, coach-chéri va se demander ce que je traficote…

J’ai le temps de cogiter..c’est la 1ère fois qu’il m’arrive un truc pareil en compétition  mais je l’accepte et ce n’est pas grave…pour moi la course est terminée, je vais rentrer à pied…mais…si je dois parcourir ces deux kilomètres en marchant sans que ça ne me pose plus de problèmes moraux que ça, il n’est cependant pas envisageable de passer l’arche en marchant…jamais de la vie, c’est non! je m’arrêterais avant l’arche, si il le faut je passerais une barrière de sécurité en l’enjambant, je rejoindrais le public, je ne sais pas trop comment je ferais mais il n’est pas question que je passe la ligne en marchant…la course est finie, j’abandonne parce que je souffre, je n’ai pas de problème avec ça mais on ne me verra jamais passer la ligne d’arrivée d’une course sur route en marchant…et il n’est pas question de me mettre à courir sur les 100 derniers mètres non plus, pour faire style, je ne mange pas de ce pain là, je veux rester droite dans mes Pegasus donc je ne passerais pas la ligne, j’abandonne….voilà où j’en suis pendant que je parcours le 20ème kilomètre à 10’30″/km…

Et tout à coup je réalise à quel point je me sens être une coureuse…je crois que jamais auparavant je ne me suis sentie aussi « runneuse dans l’âme » qu’aujourd’hui, alors que je suis présentement en train de marcher en boitant…je ne suis ni triste,ni déçue par ce qui m’arrive à l’instant, je considère que ça fait partie des aléas de la course à pieds, je l’accepte et je me félicite même plutôt d’être quasi toujours  épargnée par ce genre de désagrément..je fais un petit point en accéléré sur ma vie de runneuse quinqua et je trouve que je ne m’en sors pas si mal et c’est à ce moment précis, quasi à l’approche du 20ème kilomètre, que le bonheur d’être là m’envahit et que je me remets à courir….

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Je passe l’arche en runneuse heureuse, soulagée et fière d’en avoir enfin terminé, en  2h20 et des bananes, en temps réel (à ma montre)…

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et voilà un joli dégommage de RP pour coach-chéri…

10 km de la Corrège 2017…CR et résultatS…

J’ai choisi cette course en ayant bien conscience que ce n’est pas une course festive par nature…pas de flonflon, pas de superflu, public rare, pas de chichi…on y vient pour courir, c’est tout…le parcours est plutôt roulant, ce qui est très rare dans la région et la course est placée au bon moment, avant le printemps, donc aucun risque d’y être trop ralenti par la chaleur… c’est une épreuve à label FFA qualificative pour les championnats de France, ce qui ne me concerne en rien mais  me donne l’assurance d’un parcours bien mesuré…

3 ans que je l’attendais et  je n’y allais pas pour rigoler car même dans les fins de pelotons se trouvent des coureurs espérant faire un chrono…pas celui du siècle, pas celui qui conduira à un podium mais celui qui dégommera le RP existant, parce que idéalement c’est aussi pour ça que l’on court en compétition, que l’on s’entraine pendant des semaines et que l’on se lève tôt le dimanche matin pour parcourir au petit matin et  en voiture un trajet surréaliste quand on le ramène au niveau d’un 10km local à Trifouilli Les Oies…

Je suis partie sereine, en forme et déterminée à courir cette compétition à 5’44″/km , allure cible choisie via la méthode Hanson utilisée pour ma prépa marathon…je n’ai jamais caché ma difficulté à courir « vite »…le chrono visé, aussi modeste soit-il était donc un vrai challenge pour moi, pour autant, en prépa  marathon comme je le suis en ce moment, je n’avais tout de même pas l’intention de me cramer pour atteindre cet objectif…

J’ai été relativement régulière tout au  long de la course…je ne me suis pas totalement mise dans le rouge, j’ai d’ailleurs pu faire une jolie accélération sur le dernier km après le 9ème qui était en côte…je n’ai rien vu de la course, à part un couple de milles-pattes devant moi (avec le nom de leur club inscrit sur leurs  jolis t.shirt bleus  » milles-pattes » ) …je n’ai pas vu le ravito, pas vu le parcours, bref, je n’ai rien vu, concentrée sur mon allure de 5’44″/km …par contre je me suis fait un sacré monologue  intérieur à chaque kilomètre parcouru, extraits choisis:

« t’emballes pas ça descend »

« encore un peu trop rapide, on se calme et on ralentis »

« tu le fais exprès ou quoi? attention, à ne pas exploser en plein vol »

« y a un truc là, je suis facile, facile, facile, je ne comprends pas »

« 28′  » au 5ème kilo, j’ai un peu de marge

« ça y est, en voilà qui marchent, mais je suis encore fraiche, tout va bien »

« flute! je crois que je me suis trompé d’allure cible, je ne suis pas au bon tempo…5’44″x 10???? ah nan, c’est bon, ouf » …

« check point: pas de nausée, un peu plus rapide que  mon allure cible, pas de douleur aux jambes, tout va bien »

« tu doubles tout le monde dans la côte  pis une fois en haut, tu déroules… »

« ouaip, c’est tout bon, 5mn à fond les ballons et tu tiens ton RP »

A quelques mètres de la délivrance, je prends une mauvaise direction, demi-tour toute…puis  un peu plus près encore de l’arrivée coach-chéri qui connait ma propension à me casser la binette m’indique le trottoir à franchir avant d’atteindre mon but…je ne vois pas l’arche, j’entends le speaker annoncer l’arrivée des derniers heureux  sub 60′ dont je fais partie, je regarde ma montre « 57′ et des bananes » …je fonce, je vois un « truc bleu » sur le sol mais je ne vois pas l’arche, je n’entends pas non plus  le bip final alors dans le doute, comme souvent, je continue jusqu’à ce que l’on m’arrête, je m’accoude à une barrière pour reprendre mon souffle, coach-chéri est venu me rejoindre, ah tiens je n’ai pas éteins le chrono, 57’44 »  à ma montre, j’ai mon RP et je suis sure à ce moment là de pouvoir encore grapiller quelques secondes sur ce temps car après quelques réflexions et calculs savants il semblerait qu’il se soit écoulé environ 20 secondes entre mon arrivée officielle et la manip sur mon chrono…

Hélas, quelques instants plus tard, coach-chéri , scrutant les feuilles d’arrivée m’annonce qu’il y a un problème et que là présentement, le RP n’est pas du tout officialisé…je réalise alors qu’il n’y avait pas de puce sur le dossard et que si j’avais éteins mon chrono sitôt arrivé je pourrais au moins connaitre le temps que j’ai réellement mis à parcourir ce 10km…

Le responsable de la course, un monsieur  tout à fait charmant et qui s’est certainement beaucoup investi pour ressusciter cette épreuve qui avait disparu des calendriers officiels,  comprend mon désarroi et promet de m’aider mais comme je ne suis pas née d’hier j’imagine bien que ça va être compliqué, ce que me confirme le responsable du chronométrage…à l’heure où j’écris , les résultats ont été transmis auprès de la FFA qui les a publié officiellement, je peux donc dire que pour moi, c’est cuit…

Du coup j’ai le choix entre plusieurs algorithmes pour essayer d’y voir plus clair..bref, j’ai un RP sur 10km non officiel, de 57′ et des bananes, au choix:

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Epilogue:

Après être passé par tous un tas d’émotion hier soir, comme la frustration, le dépit et la colère, j’ai finalement décidé de ne garder de cette course que le meilleur:

Notre rencontre avec julien (qui commente parfois mon blog)  que je n’avais pas vu depuis longtemps et qui a fait une très jolie perf’: 33’18 » et un podium dans sa catégorie

Ma rencontre, sur la ligne de départ, avec un V5 au palmarès (sur marathon) époustouflant inscrit au dos de son t.shirt

Le sourire des bénévoles en général et le sourire de la dame qui distribuait le café en particulier

La gentillesse du chauffeur de la navette qui a eu la délicatesse de nous attendre alors que nous piquions un sprint pour ne pas le louper, après la course

La gentillesse de Mr Eric Vidal qui à eu la courtoisie et la patience d’écouter mon histoire de chrono à la noix

Cet énorme chien au milieu du gymnase qui avait l’air si  féroce et si gentil à la fois

Le bonheur de coach-chéri qui a battu son propre RP de 3mn

Le plaisir d’avoir fait un temps correct sans me mettre dans le rouge malgré ma prépa marathon en cours

le plaisir d’avoir pu repartir pour 13km de « easy run »  ce matin sans me poser de question

Vos nombreux petits mots d’encouragement et de félicitations avant et après la course

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Ronde du Tam de Montady 2017…CR…

Comme chaque année, la ronde du Tam de Montady, épreuve labellisée Spiridon, a attiré beaucoup de monde…. malgré un vent à décorner les bœufs et le froid polaire qui s’est abattu sur la région, nous sommes 350 candidats au départ…la remise des dossards se fait à la salle polyvalente du village, bien chauffée et nous y récupérons un joli t.shirt kalenji ainsi qu’une bouteille de vin….pour ceux qui le souhaitent, un buffet gracieusement offert est mis à notre disposition avec boissons chaudes et petits gâteaux…Ici tout est simple, convivial et très bien organisé….Et puis tout à coup Josette est entré dans la salle

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Après les courses enfants et un  échauffement en mode minimum syndical pour moi, voici notre tour, 10h pétantes! c’est parti mon kiki… dans l’euphorie du moment je ne me suis pas aperçue que le signal satellite avait  décroché depuis plusieurs minutes, je lance la  recherche tout en courant et je déclenche mon chrono plusieurs mètres après l’arche, j’ai un peu de mal à entrer dans ma course…

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Une première boucle d’environ 800m à travers le village et nous revoilà au point de départ où quelques spectateurs nous encouragent au passage..en route maintenant pour rallier la tour de Montady, via des chemins de vignes

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ça grimpe, ça redescend, ça regrimpe… il y a de la caillasse qui sort et dépasse du sol, alors je joue la prudence, je me fiche pas mal du chrono mais passer l’arche après 1 heure de course n’est pas une option…pour moi les  sensations ne sont pas mauvaises mais pas extraordinaires  non plus, je ne suis pas à mon rythme, je lutte comme tout le monde contre le vent, et mes cuisses de mouches malgré la PPG et le renforcement musculaire ont bien du mal à me faire avancer correctement alors que je suis en prépa marathon…je converse un peu avec quelques concurrents, je fais quelques blagues qui ne font rire que moi,et je fais coucou aux gentils photographes qui se pèlent de froid pour nous assurer de jolis clichés dont nous pourrons disposer gracieusement…  je sais que le chrono sera surement pitoyable mais j’espère tout de même casser l’heure…comme je n’ai pas déclenché mon chrono correctement au départ de la course je fais quelques calculs à la noix dont seuls les coureurs ont le secret et je continue mon chemin en faisant attention à là où je mets les pieds et en doublant tout ceux que je peux doubler en descente et qui ne manqueront pas, à leur tour, de me doubler en montée…

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Après environ 45mn de course, alors que quelques minutes auparavant, mon mental et mes gambettes jouaient au yoyo, je me sens tout à coup pousser des ailes…je ne suis pas dans un passage très facile, le chemin est étroit, il y a des ornières et de la caillasse, j’ai un vent de face et nous sommes en faut plat montant, pour ne pas dire en montée et j’avance si facilement que j’ai juste l’impression que quelqu’un me pousse….c’est peut être le deuxième effet kiss-cool, c’est peut être l’effet malto de mon bidon d’Iso+, c’est peut être  l’effet bain d’endorphine, c’est peut être juste l’effet de mon imagination, en tout cas à ce moment là une force invisible me pousse , je cours  alors sans effort, dépassant tout ceux qui sont à ma portée…les minutes défilent, j’entends le speaker annoncer les arrivées, tout en bas, au village et puis j’entends sonner la cloche de 11h, je me dis qu’ils devraient peut être la régler pour qu’elle sonne à l’heure mais  j’ai en même temps  un léger doute quand à ma capacité, aujourd’hui de terminer cette course en moins d’une heure…

Et puis nous retrouvons le bitume…je sais pour avoir participé à cette épreuve 4 fois auparavant  que la descente finale s’amorce et qu’elle sera impitoyable mais j’ai pour moi d’aimer dérouler dans les descentes vertigineuses, sans peur…

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Un jeune couple se trouve à ma hauteur…Monsieur dit à Madame qu’ils peuvent tenter le sub 60′, je m’accroche à cette idée, puisque je ne sais pas où j’en suis question chrono, je les encourage en ce sens et je m’invite à la petite fête finale….je pars comme une balle… Monsieur, bien plus jeune que moi me suit et m’encourage à poursuivre mon effort, je lui dit qu’il me ramassera à la petite cuillère à l’arrivée, ça le fait marrer, un peu, il me dit que oui…Madame a du mal à suivre, il l’appelle et l’encourage et c’est alors que je décide de piquer un sprint de la mort qui tue…tu sais?  celui qui ne sert jamais à grand chose d’autre qu’à procurer, à son évocation future, un joli frisson et de joyeux souvenirs de course… d’après mes indications Garmin je dois être dans les 4’35″/km ce qui, pour l’escargot à moteur que je suis est plutôt rapide, l’effort pour moi devient de plus en plus violent, j’entends madame souffler fort un peu loin derrière et puis il me semble que je les sème tous les deux… j’en ai un peu raz la carafe et je ne suis plus assez lucide quand à ce qui me reste à parcourir mais je ne lâche rien…je prends un virage en épingle à cheveux et je découvre alors les spectateurs, des coureurs devant moi et l’arche d’arrivée, tout ça en même temps, je comprends donc que la fin de l’épreuve est proche… je fonce dans le tas et je galope aussi vite que je le peux… j’entends coach-chéri qui m’encourage, comme je suis sur la route  j’ai maintenant  une patate d’enfer, mais hélas c’est un trop peu tard…je passe entre deux barrières et je suis arrêtée et ramenée à la réalité un peu fermement, bloquée par les bras de deux gentils bénévoles parce que je n’ai jamais su m’arrêter correctement sur les épreuves chronométrées…la preuve en vidéo…on m’ôte mon dossard, on m’offre une rose et je réalise que mon chrono est vraiment tout pourri: 1h 01’06 » arghhh!!!

Pas grave…

Coach-chéri a gagné 3 minutes sur le chrono de l’an passé, il est ravi, je suis contente pour lui…

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Nous enfilons un vêtement chaud et retournons à la salle des fêtes pour assister aux récompenses des podiums et faire honneur au somptueux buffet qui nous attend…je passerais un long moment à discuter avec juju le clown et son épouse, 40 courses par an pendant des décennies, ça laisse rêveur et écouter son histoire personnelle qui l’a conduit à accompagner les enfants sur quasi toutes les courses de la région était très passionnant et touchant…j’ai vécu là très jolis instants…

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Corrida de Sommières 2016…mon ressenti en guise de CR…

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Pour cette dernière course festive de l’année 2016 je ne te  ferais pas un CR en bonne et due forme qui n’aurait pas grand intérêt…non, je vais juste te raconter ce que cette course m’a apporté en terme de sensation et c’est déjà pas si mal…

Faire presque 2h de route pour aller courir une corrida de 10km en plein après midi, il fallait être sacrément motivée et très franchement, assez fatiguée depuis quelques jours, motivée je ne l’étais pas plus que ça…mais, comme tous les ans, je n’aurais pas laisser passer l’occasion de clôturer mon année running par cette traditionnelle course festive de fin d’année…Alors on oublie la chaleur du poil à bois, l’envie de dormir tout l’après midi, et on y va, avec à l’esprit mes dernières chutes et donc en projetant de participer aux festivités en mode « easy run »  et en espérant surtout ne pas trébucher sur les pavés de la calade ni faire un roulé-boulé lors des virages en épingles à cheveux qu’on rencontre toujours lors des corrida sudistes…

la course est organisée par le centre d’actions sociales de sommières, il s’agit donc une course caritative..arrivés en avance sur le site de la course, nous encourageons tout d’abord les coureurs du 5km dont beaucoup on visiblement choisi cette distance pour son petit format plus que pour l’aspect vitesse qu’il pourrait représenter au yeux de certains…sur cette épreuve les enfants qui ne feront qu’un tour partent en même temps que les adultes qui en feront deux…il n’y a ni cadors prêts à bousculer tout le monde, ni personne en tenue « j’me la pète », juste des coureurs amateurs, pas forcement très assidus dans leur entrainements mais en tout cas très heureux de prendre le départ de cette course si conviviale et organisée avec joie et espérant terminer ce challenge de 5km de long…que du bonheur dans ce petit peloton qui me met de bonne humeur…

Coach-chéri et moi même partons ensuite nous échauffer en mode minimum syndical et puis je décide de poursuivre cet échauffement, en groupe, un peu tardivement mais avec entrain..coach-chéri se marre derrière son téléphone mais il ne fait pas le malin, la zumba c’est pas trop son truc…

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je me sens bien, je me sens de plus en plus contente d’être là…Et puis la course démarre…

Un jour prochain, du moins je l’espère et je travaillerais pour, je ferais tomber mon RP sur la distance mais aujourd’hui ce n’est pas la peine d’y compter, je connais les courses dans les villages sudistes, ce n’est jamais propice à la perf’ , du moins à mon petit niveau et celle ci ne fera pas exception..ça part vite, ça grimpe presque tout de suite et puisque la course est divisée en 3 boucles ce ne sera qu’une succession de montées, de descentes, de pont à traverser, de passerelle à franchir, de virage en épingle à cheveux et de passage dans la calade pavée, au milieu des ruelles commerçantes et dont les boutiques sont ouvertes en ce dimanche si proche de noël …à quelques endroits stratégiques; des bandas tambourinent  et pleins de petites mains à taper se tendent alors …il y a un peu partout des masses de supporters déchainés, je passe devant une jeune femme, que je ne connais absolument pas et qui me crie pourtant à tue tête « allez, mon beau bateau !!! »  ^^ …je suis dans le peloton d’une petite corrida de province, bien loin de chez moi et quelqu’un, que je ne connais pas, vient visiblement de me reconnaitre et m’encourage avec vigueur, tu l’imagine ma banane intérieure en courant, je ne suis plus que joie et énergie…

Je parcours les 3 boucles en me sentant de mieux en mieux au fil du temps, je me fiche pas mal du chrono final mais je suis très attentive à mes sensations, elles sont bonnes, tout est sous contrôle, je ne suis pas dans le rouge et je n’ai pas non plus  l’impression de lambiner, je fais gaffe à ne pas tomber, je gère les pavés, je suis prudente dans les virages, un peu moins dans les descentes où je déroule à fond les ballons et les semelles de mes DS  me poussent dans les montées pendant lesquelles je double tout ce que je peux à tel point que  je n’en reviens pas moi même… tout va bien et plus j’avance moins je ressens la fatigue, galvanisée par tous ces gens qui nous encouragent sur le parcours…

Les  DS Trainer de mes débuts vont me pousser jusqu’à la ligne d’arrivée avec facilité, malgré les cotes, malgré les pavés, en moins d’1 heure, ça me va …en fin de parcours, je suis prudente car des gosses surexcités par les bandas qui tambourinent désormais en direction de l’arche d’arrivée, déboulent de nulle part devant moi…cette course n’est pas facile mais elle est très joyeuse et je me sens pousser des ailes dans le dernier km, je finis donc en 59’19 » ce qui me laisse entrevoir la possibilité de faire tomber le RP sur un 10km plat et labellisé, en février prochain…en attendant, je savoure la joie que j’ai eu à courir cet après midi, en dépassant ma crainte de faire à nouveau un vol plané, en dépassant ma fatigue, je me nourris de ce pur moment de bonheur…

Le ravito d’arrivée est somptueux, les résultats sont affichés rapidement ainsi que la liste des gagnants à la loterie..les bandas sont arrivés eux aussi à bon port et continue de jouer pour nous tous…nous avons notre petite médaille de finisher autour du cou, clic-clac photo, que demander de plus?

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