20km de Montpellier 2018…..heureuse!!!

Nous avons pris le départ, ce dimanche 25 Novembre 2018, des 20km de Montpellier…ce fut une 2ème participation pour ma part, la première remontant à 2014, elle s’était d’ailleurs terminée sous la pluie comme celle dont il est question ici….

Je n’avais pas d’autres objectifs que de vivre bien ma course, 1 mois après le marathon de Toulouse et galérant comme pas permis sur la distance semi depuis mon tout premier marathon (novembre 2015) j’avais depuis longtemps fait  le deuil de mes premiers chrono sur ce format de course car si j’arrive encore sans trop de problème à maintenir l’allure sur un 10km (+ ou -57 minutes) il n’en est rien sur les semis que je ne prépare d’ailleurs jamais spécifiquement puisqu’ils sont toujours positionnés dans mes planning de course, soit en épreuve d’avant marathon, soit en épreuve de récup’ post marathon…bref, le semi et moi, ça fait 2…rappelons tout de même que celui ci n’est pas tout à fait un semi puisqu’il ne fait que 20km mais quand on aime on ne compte pas…

Plutôt que de te détailler l’épreuve kilomètre par kilomètre, je vais plutôt te parler de ce qu’il s’est passé en amont pour moi ainsi que de mes sensations pendant la course…

J’ai ramé comme pas permis après le marathon d’Albi (avril 2018) et puis j’ai changé mon fusil d’épaule en me plongeant dans la méthode Cottereau…j’ai ensuite fait (entre autres) le marathon de Toulouse (octobre 2018) avec un résultat chronométrique bien moisi mais avec une envie de poursuivre l’aventure running au top…

Ensuite, je me suis mise à nu face à moi même, je me suis dépouillée de beaucoup de principe, d’envie, de prétention et j’ai couru…juste couru… quasi tous les matins, sans me prendre la tête, en endurance et une ou deux fois par semaine en résistance douce (je dirais au seuil, pour faire simple) ainsi qu’une fois par semaine, le soir, à la frontale avec coach-chéri, qui m’incite donc ainsi à mettre un peu de peps dans mon entrainement en endurance….j’ai fait quelques ajustements dans les conseils de S. Cottereau pour qu’ils collent au plus près de ma réalité quotidienne et au fil des semaines j’ai ainsi renoué intensément avec le plaisir de courir, tout en redynamisant ma foulée, à l’insu de mon plein gré…

Le temps a passé et le coup d’envoi du 20km de Montpellier 2018 fut donné…

Je suis partie absolument sereine, légère et détendue et dans un premier temps je me suis donné pour consigne de ne faire attention qu’à mes sensations…Je ne regarde pas l’allure, à peine le cardio  et pour  le kilométrage parcouru je ne m’en préoccupe pas…je me suis promis de faire du mieux possible sans sacrifier mon intégrité physique, ma vitalité, mon envie de continuer à courir après cette épreuve..

J’ai donc checké des petites mains d’enfant… j’ai plaisanté avec une fine équipe poussant une Joëlette… j’ai rigolé avec Mathéo, champion de l’univers surmédaillé du 20km, assis dans ladite Joëlette… j’ai encouragé un certain Benoit qui peinait et rouspétait derrière tout ce petit monde… j’ai levé un sourcil en guise de remerciement quand un bénévole me disait de ne rien lâcher en fin de parcours… j’ai ignoré les automobilistes mal embouchés poursuivant ma route coute que coute… j’ai donné quelques encouragements à mes collègues de fin de pelotons… j’ai engueulé copieusement deux piétonnes sur un minuscule trottoir qui, me voyant arriver en face d’elles en cette fin d’épreuve difficile, n’ont pas eu l’idée de se pousser d’un centimètre pour me faciliter la vie… j’ai suggéré à un coureur à mes cotés, jurant de désespoir, de cesser de  regarder au loin, là où l’on voyait le haut de la cote se présentant à nous… j’ai veillé à rester détendue et  à bien m’hydrater à grande gorgée d’Aptonia, à chaque point de ravitaillement tout en marchant…et j’ai pris une grande décision au cours de ce périple bien vallonné (environ 240m de D+) que je me suis donc répété en boucle, tel un mantra:

« pour le moment tu gardes la cadence et dans les 5 derniers kilomètres, ma cocotte, tu fonces…ouaip! « 

Et c’est ce que j’ai fait….Après presque deux heures d’effort soutenus sur ce parcours en montagne russe, peut être encore plus redoutable pour moi dans les descentes que dans les montées, j’ai chassé ma fatigue au dernier ravito en respirant à fond…j’ai rechargé mes batteries mentales et physiques (surtout mentales en fait) et j’ai annoncé à mes co-équipiers d’un jour qui se trouvaient à coté de moi depuis un bon moment qu’il était temps désormais de ne plus penser qu’à accélérer et puis je suis partie comme une balle, au revoir tout le monde et à la prochaine…

Au final, j’ai retrouvé à quelques secondes près (en mieux) le chrono d’il y a 4 ans, celui de  quand je courais à perdre haleine, bien avant mes entrainements marathon à rallonge et  alors que j’étais bien plus jeune (après 50 ans, en course à pieds, les années comptent souvent double, surtout quand on a commencé tard et qu’on n’a aucune aptitude particulière pour cette discipline)…4 ans que j’attendais de retrouver mon rythme de base qui , bien qu’il soit somme toute très modeste n’en est pas moins bien meilleur que celui qui m’a porté sur bon nombre de semi ces dernières années, semi que je ne finissais plus que rarement en moins de 2h30…

Je passe l’arche en 2h10 en temps réel (soit  2h11 en temps officiel)  je te fais grâce des secondes ( à mon niveau, on s’en moque) sur un parcours très vallonné, un mois après un marathon et sans aucune préparation,  ça me va…

Mes entrainements à la sauce Cottereau semblent porter un peu leur fruits…to be continued…

détail de ma course; ici : Garmin Connect


20 km de Montpellier…Compte rendu…

L’avant course

Réveillés par la pluie qui tombe sur les hublots au dessus de nos têtes, nous n’attendrons pas que le réveil sonne, nous nous lèverons donc à 5h00, frais comme des gardons…

Petit déjeuner tranquille et zou marilou… 1h00 plus tard, nous voilà en route, direction Montpellier qui se trouve à une centaine de kilomètres de chez nous…

Il fait encore nuit, et il pleut… nous sommes sur l’autoroute du coté de Beziers, au loin nous apercevons un ralentissement et des voitures de police, coach-chéri absorbé par ses manœuvres prudentes ne distinguera pas le corps recouvert d’un bout de tissus gisant sur le sol,  on apprendra plus tard qu’il s’agissait d’un piéton (?) fauché par un camion dont le chauffeur n’avait rien vu venir, et pour cause..

Pour me remettre je mange un peu de mon gatosport et la vie continue…Nous arrivons à Montpellier…

Après quelques pilipili dans des lieux improbables et avec 2 bonnes heures d’avance sur le coup d’envoi, nous nous installons à la terrasse chauffée d’un café…pendant que je rédige mentalement le guide touristique des toilettes de Montpellier, coach-chéri se promet de monter prochainement un CSDARC : Comité de Soutien et de Défense des Accompagnateurs de Runners en Compèt’…

La course

10h00 bam!! c’est parti..

Coach-chéri m’avait prévenue que je partirais directement en côte et en effet nous sommes tout de suite dans le vif du sujet…ce qui est plutôt, du moins c’est ce que je crois en cet instant, favorable à la mission que je me suis fixée, à savoir, courir à 80/85% de ma FCM sur les 2 ou 3 premiers kilomètres… sauf que ça dure un peu plus longtemps que ce que je m’imaginais « je veux bien être gentille mais faut pas pousser mémé », me dis-je dans ma barbichette…

La descente arrive, je me sens pousser des ailes, je double un paquet de gens, en surveillant mon cardio, c’est sûr, à la fin de la descente, le plus dur sera passé, à moi les vitesses les plus folles:  « attends, j’ai suivi un plan, c’est pas pour des prunes, oh! »…

Et voilà que ça remonte à nouveau, « ok, ok je vais être patiente, j’accélérerais plus tard » je reste constante à 171bpm sauf que mon allure ne correspond évidemment pas à cette même fréquence cardiaque que je pourrais tout aussi bien avoir sur du plat en courant plus vite, bref…

Ca y est, ça redescend, « poussez vous de là que je m’y mette!!! »… je largue ma nouvelle copine de course, qui me doublera dans chaque montée et que je sèmerais à chaque descente…mais pour l’heure et en ce qui concerne cette pente, je suis absolument certaine que c’est la dernière et que mon heure de gloire arrive…

En théorie je dois me caler à 90% de ma FCM du 3ème au 15ème kilo puis je dois lâcher les chevaux du 15ème kilo jusqu’à l’arrivée, j’ai bien verrouillé tout ça en écrivant sur mes phallanges les bpm autorisés, mais l’affaire se complique….

Je ne le crois pas…nan mais je ne le crois pas, il y en a une autre… 

Je discute le bout de gras avec la mamy à coté de moi tout en grimpant cette fichue côte, je te laisse imaginer notre humeur depuis le temps qu’on y est mais on y croit encore très fort, va bien falloir qu’on retrouve le plat, un jour…la descente arrive, je prend mon envol, mamy me crie à tue tête alors que je m’éloigne: 

« oulà, vous êtes plus rapide en descente qu’en montée » 
« oui j’ai l’option hokaaaaaaaaaa » 

Et rebelote, ça remonte… mamy me rejoint et parceque je commence à entrevoir la vierge j’en viens à me dire qu’un amitié soudaine est en train de naître entre nous, qu’on passera la ligne d’arrivée main dans la main, c’est beau le sport parfois, peace and love…. et soudainement, j’oublie à nouveau  mamy parceque c’est pas le tout mais j’ai une descente à me faire…

oh, tiens! une côte… à chaque bénévole je demanderais avec des yeux de cocker implorant: 

 « quand est ce que ça s’arrête de monter?  » 

« c’est la dernière, courage »

Inutile de te dire que le 5ème à m’avoir répondu cette fichue phrase s’est fait copieusement enguirlander, avec le sourire, je le précise, parce que  bénévole au 20km de Montpellier, c’est pas de tout repos..

Alors que jusqu’à maintenant nous avons couru dans de chouettes quartiers résidentiels; nous approchons des axes routiers et les automobilistes Montpelliérains n’en ont rien à faire de la sécurité des runners, c’est le seul point de l’organisation qui mériterait d’être revisité selon moi, m’enfin pour le moment, même si je galère à enjamber les trottoirs et à éviter les voitures, j’ai une autre préoccupation, plus importante à mes yeux….

Il pleut des trombes, je commence à me faire à l’idée que pour mon allure visée c’est cuit, j’oublie finalement la pluie mais j’ai une sacrée envie de faire pilipili et il me reste à vue de nez 1h00 de course….j’échafaude des stratégies, ce buisson là bas au loin? nan, je perdrais trop de temps, celui là? nan, tout le monde me verrait, dans le caniveau à la vue de tout le monde, carrément? nan mais ça va pas la tête, tais toi et grimpe…

J’avais oublié la pluie, il me faut aussi oublier mon envie pressante, à part ça je gère bien mon cardio à défaut de pouvoir courir aussi vite que je le souhaiterais… au 14ème km un point de coté fugace et une envie de vomir viennent jouer les troubles-fête, je me mets en mode méditation et je vire tout ça, je me sens forte….

Je me suis définitivement faite à l’idée que je n’aurais jamais de répit sur ce parcours…je tente comme je peux de réconforter un ou deux coureurs en perdition en leur tendant des balles énergétiques maison….mon plan de ces 8 dernières semaines fait son job, je me sens plutôt bien et surtout je suis constante, pas de baisse de régime malgré les kilomètres qui défilent, je me suis protégée en courant « au cardio » je ne vais pas rééditer mon fiasco toulousain, c’est déjà ça….


J’entends les cloches de  midi sonner et un rapide calcul aléatoire me laisse à penser que: « bon ben voilà quoi, pour l’allure  » mieux qu’à nimes » c’est cuit aussi », le profil ne s’y prêtait pas, il me faut terminer proprement, dans la joie, dans la bonne humeur, du mieux que je peux, alors je regarde mon cardio et je tente une accélération mais rien ne se passe,  le cardio pourrait, peut être, mais mes jambes, si elles galopent encore relativement allègrement n’ont pas du tout, du tout, du tout, envie d’aller plus vite, elles sont bien comme elles sont, elles me porteront joyeusement jusqu’à l’arche d’arrivée, mais ne consentiront à accélérer que sur les derniers mètres, ce qui ne sert pas à grand chose quand on est en fin de peloton.

Si j’ai été affreusement déçue sur le moment et plus tard dans la soirée, de ne pas pouvoir courir à l’allure visée lors de ces 8 dernières semaines de plan, je me dis aujourd’hui que j’ai plutôt bien géré cette épreuve , au traître profil et courue pour le 1ère fois en catégorie V2…

Je suis arrivée encore à peu près fraîche et ma course s’est déroulée de manière agréable et fluide…. J’ai le sentiment d’avoir donné ce que je pouvais, compte tenu des circonstances et du profil de la course et dans le respect de mon intégrité physique…et je suis en paix avec mon moi-runneuse…

Merci à tous pour vos petits mots de soutien et d’encouragement, avant et après la course, sur ce blog ou ailleurs…

Profil de la course, chrono et photos officiels dans le billet précédant

20km de Montpellier…résultat, photos etc…

EDIT DE L’APRES MIDI: photos officielles un peu plus bas…


A la demande de Fab et pour la foule en délire qui ne me suit pas encore sur twitter et/ou sur FB voici  le profil et le résultat officiel des 20km de Montpellier couru hier …

Il est clair que je n’avais  pas du tout,  mais alors pas du tout, prévu ce profil à la noix,  et c’est pas faute d’avoir cherché…bref…je suis tombé dans un traquenard…


Chrono officiel  2h10’53 »





crédit photo: 360degres.com

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