Marathon d’Albi 2018…par coach-chéri…

Compte-rendu Marathon d’Albi

Dimanche 29 avril 2018, 8h30, Pan ! C’est parti pour 42,195km…

Je suis avec @cocoandco11, nous avons décidé de courir ensemble. C’est son 6ème Marathon, c’est mon premier. La météo est idéale, un petit 14°C, des nuages et pas de vent.

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On part un peu sur un faux rythme. C’est assez tranquille pour moi. On traverse Albi, la magnifique cité épiscopale et on sort tranquillement d’Albi pour emprunter la vallée du Tarn. On forme un groupe de 4 coureurs. Au 6ème km on se fait rattraper par les coureurs du semi partis un quart d’heure plus tard. C’est surprenant de se faire doubler par des locomotives alors qu’on se promène à 6’45 » du km. A chaque ravito je prends 2 TUC et du glucose.

On sort maintenant d’Albi et on longe la vallée du Tarn. Au 10ème km les coureurs du semi font demi-tour. On se retrouve un peu isolés, c’est une autre course qui commence. On entre dans le 1er tunnel long de 1km et on croise les premiers marathoniens sur le retour. C’est assez agréable ce tunnel, on entre dans un autre dimension, les sensations de courses ne sont pas les mêmes, on a l’impression d’aller plus vite. Rapidement vient le 2ème tunnel.

On a ralenti. De 6’45 on est passé à 7′ du km. Coco n’est pas dans une forme olympique, mais jusqu’au semi tout va bien. On sera rejoint par un coureur qui utilise la méthode cyrano pour préparer un 24h . On arrive au point de demi-tour et maintenant nous ne croisons plus personne en face, nous sommes vraiment seuls au monde. Coco accuse le coup après le 1er semi, je le sens et on ralentit de nouveau.

Maintenant, la course tourne au cauchemar. La pluie s’invite. Nous sommes tous les 2, plus personne devant ou derrière. La pluie redouble et on est trempé. On a enfilé nos vestes de pluie qu’on avait pris la précaution d’embarquer. Nous sommes seuls au monde et les ravitos sont rangés. On est suivi par un camion de la croix rouge. Un bénévole me demande au 29ème km si on souhaite aller au bout, j’acquiesce, il s’en va. Heureusement Coco n’a pas entendu la question, je sens qu’elle a le moral dans les chaussettes. Pour moi tout va bien physiquement mais je sens que les 12 derniers km risquent d’être longs.

Dès le 30ème km on rentre dans une lutte contre les éléments et contre nous-mêmes. J’essaye de booster Coco en l’engueulant un peu mais ça n’est pas la bonne méthode. J’ai déjà un peu tout essayé mais rien ne peut marcher quand les jambes ne sont pas là. On alterne maintenant des périodes de marche-course et je décide de prendre la main de Coco. Etre en mode lièvre ne suffit plus. Elle s’accroche à ma main jusqu’à la fin et c’est ça qui la fait tenir, mais ces 12 derniers km seront très longs pour nous deux.

On entre dans Albi, les nombreux bénévoles nous encouragent mais le chemin jusqu’à l’arrivée est long. On court entre 8 et 9′ du km. A partir du 38ème km je sens mes jambes un peu lourdes mais je sais que je vais tenir jusqu’au bout. On approche du stade, il reste 2 km et une longue ligne droite en faux plat montant avant d’entrer dans le stadium. Coco n’en peut plus, on progresse en se tenant par la main, en se faisant avancer mutuellement vers l’arrivée. La pluie s’intensifie encore et nous entrons sur la piste du Stadium complètement déserts. 4 spectateurs nous acclament du haut de la tribune. Nous franchissons la ligne, on nous remet la médaille, je suis marathonien mais je ne réalise pas du tout puisque nous sommes seuls au monde. Le froid me gagne alors que je ne le sentais pas pendant la course . On rentre sous la tente du village marathon. Je prend un ravito et Coco se fait masser.

Je vais chercher la voiture , sur le chemin du retour le chauffage à fond il me faudra 1 h pour commencer à me décongeler.

Je suis finisher en 5h30’24 » . Au niveau physique, d’avoir couru en EF m’a évité les courbatures aux jambes mais pendant 2 jours j’ai eu une belle courbature au bras gauche et Coco au bras droit. L’expérience m’a plu et je pense que je remettrai ça en mars 2019 à Montpellier.

Marathon d’Albi 2018…en mode apocalyptique…

 

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Bon, commençons par la fin, nous avons terminé ce marathon in extremis, en 5h30’25″…c’est donc là le pire chrono de ma carrière de marathonienne amateure et j’espère bien ne jamais reproduire un tel temps sur la distance…50 minutes de plus que mon chrono de référence, ça laisse un gout amer mais c’est comme ça…

Je n’avais pas d’objectif mais je n’imaginais pas un tel désastre, je pariais plutôt  sur un temps similaire à celui de mes précédentes participations sur ce parcours qui reste, de toutes façons, bien difficile pour moi (je le termine habituellement en 5h10 maximum contre 4h40 à la rochelle)

Va comprendre, mon plus chouette marathon, j’en avais pris le départ stressée et blessée, j’avais fait une course formidablement bien vécue et malgré une chute à 2km de l’arrivée, 1 côte fêlée, 1 dent cassée et deux autre enfoncées j’avais fais là mon meilleur chrono…dimanche dernier, je suis partie relax, sans bobo d’aucune sorte et dès le départ j’ai su que ça n’allait pas le faire…

Pourtant j’étais bien entourée…coach-chéri, Jean-Michel des JCT jusqu’au premier semi, 2 ou 3 coureurs anonymes plutôt sympathiques avec qui j’ai pu converser un peu, mais je n’avais pas de jus et je n’ai jamais pu atteindre un semblant d’allure marathon, rien à faire, ça ne voulait pas, je plafonnais aux alentours de 6’45″/km, je m’en serais bien contentée jusqu’au bout mais c’était sans compter la pluie qui s’est abattue sur les marathoniens à la traine, à peine le demi-tour du 1er semi effectué..

Au début c’est tombé gentiment, ça s’est arrêté quelques minutes puis ça a repris de plus belle pour finalement virer au drame , nous sommes au sud de la France et au sud quand il pleut, ça ressemble plus à une mousson tropicale qu’à un pipi de moineau nordiste…

Bibi  (c’est moi), en short et t.shirt, a d’abord résisté… »non, je ne mettrais pas ma veste » (qui était encore pliée dans le camelbak privé de sa  poche à eau, de coach-chéri) puis finalement 1h plus tard, oui, je la prends, ça réchauffe un peu, mais  ça ne sert finalement plus à rien, il nous tombe des sauts d’eau glacées sur le nez et ladite veste n’est pas imperméable…

Si j’ai vécu un 1er semi, tout à fait lent mais sympathique, je vis maintenant un enfer sur terre, je passe la barrière horaire des 30km de justesse (en 3h30), mes cuisses sont tétanisée et me font un mal de chien alors j’essaie de marcher mais même ça je n’y arrive pas…je tente des négociations avec coach-chéri qui m’engueule un peu et fini par me prendre la main pour que j’avance, il me trainera ainsi, comme un boulet pendant au moins 12km…12km de souffrance et ce n’est pas le mur que je me prend là, non! juste, je souffre…nous courons depuis déjà 4h, il pleut des cordes, il y a du vent, j’ai mal, ça coince, ça tire, je souffre, j’ai envie de faire pipi, je fais ça n’importe où, en pleine ville, c’est ça ou je j’allais me faire pipi dessus, j’ai la la nausée, j’ai mal au ventre, j’ai  le moral dans les chaussettes, mes fringues sont trempées, mes pegasus pleine d’eau, les rues sont désertes…nous sommes donc désormais seuls au monde, la voiture balai n’est pas bien loin et nous allons faire le tour de la planète, main dans la main, cahin-caha, coach-chéri en serrant les dents et moi en pleurnichant…et crois moi, le tour de la planète sous le déluge, c’est infernal mais nous finissons par arriver, trempés, gelés, dans un stadium  complètement vide, ne cherche pas le coté émotionnel du truc, il n’existe pas, nous passons l’arche, coach-chéri « fonce » vers ce qui reste du ravito d’arrivée, moi je me dirige sous la tente des kinés, en claquant des dents, courbée en deux et peinant à me trainer jusqu’à  la table de massage …

Game over….

On pourrait faire un flash-back  du déroulement de ce marathon ainsi que de sa prépa mais ça ne changerait pas grand chose à ce final assez désastreux…il y a certes des choses à revoir au niveau de ma prépa, certainement (j’ai clairement manqué de résistance)  mais moi je pense surtout que je suis un peu juste pour ce marathon là précisément et je vais mettre celui ci un peu de coté pour quelques temps…

Je ne vois pas cette épreuve comme un échec, l’échec aurait été de renoncer à prendre le départ au motif de la météo qui nous attendait ou bien d’abandonner en route, je n’en étais pas loin mais j’ai tenu bon par contre il est clair que si je devais vivre mon prochain marathon de la même manière, j’abandonnerais alors ensuite l’idée d’accrocher des dossards sur cette distance mais pour le moment nous n’en sommes pas encore là…

Bref, j’ai couru, à presque 53 ans, mon 6ème marathon et j’y ai vu la vierge puis tous ses saints, les 7 nains, des éléphants roses et pour finir l’apocalypse ..j’y ai vu aussi la main de coach-chéri dans la mienne, pendant 12 longs kilomètres, je resterais sur cette douce image…

 

Marathon d’Albi…J-3…

J’ai effectué aujourd’hui la dernière sortie de ma prépa marathon …il ne me reste plus qu’à me reposer et à prendre soin de moi, physiquement et mentalement jusqu’au jour J…

Nous avions initialement prévu de considérer cette épreuve comme une sortie longue en vue d’une course horaire de 6h, prévu en juin, course horaire qui a été annulée il y a quelques jours, flute et zut …

Coach-chéri a décidé de parcourir ce premier marathon, à mon rythme, autant dire sans se fouler, le but étant que nous arrivions ensemble, toujours pacsés sous l’arche d’arrivée…il y aura donc d’un coté une potentielle puissance très refoulée (sa VMA étant bien supérieure à la mienne, il va piétiner grave) et de l’autre, l’expérience sur la distance (ce sera mon 6ème marathon et ma 3ème participations sur celui là)

Je me sens bien, je me sens prête, je suis lucide sur ce qui m’attend: solitude, Dénivelé, longs tunnels noirs de montagne et zero flonflon, le marathon d’Albi étant bucolique autant qu’austère, tu y vas pour courir la distance de 42,195km , POINT! 

J’ai pour seul objectif de finir l’épreuve ( avec coach-chéri et aussi avec le sourire si possible) en passant les deux barrières horaires assez redoutables pour la modeste coureuse que je suis…une au 30ème, une autre à l’arrivée, et même comme ça je ne pense pas être sur les photos de l’arrivée car à Albi, après 4h30 de course tu es encore dans les temps mais le photographe à fichu le camp depuis longtemps, tant pis pour moi car je finirais certainement aux alentours de 5h10 et en toute fin de peloton car nous sommes plutôt peu nombreux sur ce parcours (cf le paragraphe du dessus)

Bref, dans 3 jours je serais au départ d’un marathon anti-bling-bling et plutôt difficile à aborder et à l’heure qu’il est, je suis super bien dans mes Pegasus…

 

crédit photo: Marie

 

 

Prépa marathon d’Albi 2018…le plus dur est fait…

J’ai terminé dimanche dernier, le plus dur de ma prépa marathon, en effectuant une dernière sortie longue, version XXL, de 32 km…et il s’agit maintenant de faire un joli rétropédalage dans la semoule pour arriver fraiche sur la ligne de départ, à défaut certainement qu’il soit possible de l’être à l’arrivée, mais là n’est pas la question…

J’ai officiellement commencé ma prépa le 5 février , ce qui donne à ce jour 640 km pour les deux derniers mois, les 3 prochaines semaines d’entrainement seront largement allégées: 44, 40, puis presque plus rien jusqu’au jour J…

Je n’ai quasiment pas travaillé l’allure spécifique sur cette préparation, ni fait de fractionné, j’ai privilégié la détente, le plaisir, la course lente via un kilométrage conséquent mais néanmoins maitrisé et surtout j’ai mis au programme quelques jolies sorties longues dont 2 en versions XXL que j’ai choisis d’effectuer de manière divisée, une partie le matin, une partie l’après midi, ce qui n’est pas plus facile que de la faire d’une traite, tu peux me croire…

J’ai couru sans aucune contrainte, lentement le plus souvent, en accélérant parfois quand ça le voulait bien et j’ai appris énormément sur mon moi-runneuse pendant cette prépa là, je suis arrivé à un chouette niveau de zénitude concernant ma pratique du running et je ne compte pas en rester là….

Pas de bobo, pas de fatigue, pas de pression, une prépa 100% plaisir, que demander de plus?

 

Prépa Marathon d’Albi 2018…

Le compte à rebours est (presque) commencé puisque,  à partir de Lundi, je serais officiellement en préparation du marathon d’Albi pour les 13 prochaines semaines à venir  …Ce sera donc une prépa relativement courte puisque je vais travailler sur mes acquis de celle de la Rochelle…ce sera là mon 6ème marathon et ma 3ème participation à celui-ci…

Le plan que je vais suivre sera très largement inspiré d’un de ceux de Bruno Heubi avec ma touche personnelle dedans et les calculs savants de coach-chéri quand aux allures de travail…

La finalité de cette préparation ne sera pas de faire un temps, ce qui me semblerait de toute façon très improbable étant données les particularités de ce marathon (entre autre joyeuseté 456m de D+ )  mais de le parcourir  et de le finir dans les meilleures  conditions possibles ainsi que de surtout m’en remettre au plus vite parce que, ensuite, il y a aura une course horaire à préparer: les 6 h de Pomas…

 

Bref, je m’en vais préparer une sortie longue de 42km et ça me plait bien…

 

Et maintenant, on fait quoi?

Après toutes ces années à suivre  différents plans et méthodes d’entrainement je peux désormais faire une synthèse de ce qui me convient ou non et élaborer ainsi mes propres programmes d’entrainement, ce que j’ai d’ailleurs commencé à faire juste après le marathon de la Rochelle…

Voici une synthèse de ce que j’ai retenu des différentes méthodes utilisées ces dernières années:

M’entrainer à la fréquence cardiaque ne convient pas à la coureuse sudiste que je suis,  car dans un département comme le mien,  excessivement venteux et chaud et de surcroit vallonné, les données du rendement cardio-vitesse sont faussées.

Des plans trop  légers en terme de kilométrage hebdomadaire et/ou ou de sortie longue, ne sont pas adaptés à ma pratique sportive.

Les séances de 1000 me conviennent bien, elles me donnent du peps et boostent ma foulée, c’est pour le moment ma séance (un peu) intense préférée, les séances de 30″30″,  que je n’aime pas particulièrement,  me sont surtout utiles pour reprendre un peu de vitesse entre deux prépa marathons .

les sorties longues XXL (32km) que j’ai effectuées sur 3 prépa étaient payantes le jour J, j’ai payé cash  leur absence de mon programme , par deux fois ..

6 séances hebdomadaires font désormais partie de ma routine, j’affectionne le schéma d’entrainement utilisé pendant mes prépa Hanson, à savoir 3 séances en EF, 1 en allure spécifique, 1 séance au seuil et une sortie longue .

J’ai donc  fait un mic-mac de tout ça et j’ai crée mon propre programme d’entrainement, sur les conseils judicieux de la copinaute qui se reconnaitra ainsi que de ceux de coach-chéri .

Bref, j’ai fait mon plan pour Albi…

 

Marathon d’Albi 2017…mon CR….

L’avant course

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Nous nous sommes levé à 3h30 du matin, la nuit fut très courte… départ à 4h30 pour parcourir des petites routes sinueuses jusqu’à Albi…je prévois comme l’an passé de déjeuner en voiture, j’embarque donc ma crème sport mais comme l’an dernier, rien ne passe… j’arrive à Albi avec le coeur au bord des lèvres, malade comme un chien… nous sommes sur le site de la course, plutôt en avance, il nous faudra donc attendre un peu pour la remise des dossards, ce n’est pas grave, nous allons et venons, ici ou là….je reconnais et salues le monsieur avec lequel j’ai terminé la course l’an passé puis j’échange quelques mots fort sympathiques avec le responsable de l’épreuve….nous décidons de retourner à la voiture pour nous mettre un peu au chaud avant de  reprendre nos licences en main pour retourner ensuite au village marathon…et là, c’est le drame…mon pass-running n’est plus dans mon sac, ni dans mes mains, ni dans mes poches, bref, j’ai perdu mon pass-running…branle-bas de combat, nous refaisons le parcours de tout à l’heure, à l’envers… toujours rien, je pars demander à une gentille bénévole qui distribue les dossards si personne ne lui a ramené mon pass-running, bingo! tout est à nouveau sous contrôle, le coup de chaud est passé…nous retrouvons mary et sa petite famille, le temps passe vite, il est déjà presque l’heure du départ…voici franck qui apparait…on se dit qu’on a une chance folle, que le temps va être magnifique, pas trop chaud, pas de vent…et c’est justement à ce moment là que ça commence à souffler…

la course

le départ est commun pour les semi-marathoniens et les marathoniens, je pars du fond et à jeun…dès le début je suis dans le rythme que je me suis fixé mais il me faudra quelques minutes pour être pleinement dans la course…nous allons passer sur une allée pleine de platanes perdant leurs pollens…beaucoup de coureurs s’étouffent, toussent, crachent, larmoient et s’arrêtent pour reprendre leurs esprits, je continue ma route imperturbable..

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crédit photo: Cyril, le chéri de marie

Je commence à me sentir vraiment à l’aise et à ressentir le bonheur d’être là, à courir dans ce joli décors albigeois…les kilomètres défilent, un peu lentement à mon gout mais je tiens à respecter l’allure que je me suis fixé, sur ce point je suis totalement à l’aise, je me sens en confiance, bref, ce n’est que du bonheur…je passe le km 10 en 1h03’31 » (temps prévu sur mon bracelet 1h03″45″) autant dire que je frise la perfection quand à mon tempo…nous sommes sortis de la ville depuis longtemps maintenant et nous sommes donc en pleine campagne…en face arrivent les « semi » qui ont déjà fait leur demi-tour, l’ambiance est détendue et joyeuse, beaucoup, comme moi, attendent de voir un coureur connu arrivant en sens inverse, de l’autre coté de la chaussée…voilà franck à qui je tape la main…un peu plus tard mon coach-chéri…et puis voilà mary, tout sourire…

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crédit photo: marie

je continue ma route encore bien entourée de dossards bleus ou roses et puis la séparation se fait entre les différents formats de course…me voilà un peu plus seule à présent…je me sens toujours très bien et je suis toujours dans un bon tempo…je mesure la chance que j’ai d’être là, je suis bien…je continue d’avancer, à l’aise et voici le 1er tunnel de montagne, long de près d’un km…je m’y engouffre, il y fait noir comme dans un four, je n’ai plus aucun repère, je vois  peu ou même pas du tout  où je pose mes pieds, la sensation est grisante (peut être angoissante pour d’autres, c’est véritablement une expèrience personnelle) et j’adore cette  impression éphémère (et un tantinet virtuelle) de courir vite…à nouveau l’air libre, la lumière, la chaleur et le vent de face (ce dernier ne m’avait pas quitté, même sous le tunnel, va comprendre)…je sors de là toute guillerette, je « kiffe grave » ce marathon , les paysages sont magnifiques, les bénévoles nombreux et adorables, le vent souffle mais ne me gène pas, je garde le rythme, je suis bien, tout va bien, même pas une petite envie de faire PIliPIli pour ternir ce tableau idyllique…je suis entrain de vivre un marathon de rêve, je m’engouffre dans le deuxième tunnel et j’en ressors toujours heureuse….j’ai maintenant un vent de face qui s’est bien manifestement renforcé et je passe le semi en 2h18’35 » (temps cible 2h15’07 » ) …je constate que j’ai un peu de retard mais rien de bien méchant, il me reste environ 1km à lutter contre ce phénomène météorologique avant de faire demi tour, j’aurais alors parcouru un peu plus de la 1ère moitié de ce marathon (soit 22km), j’aborderais cette  deuxième moitié déjà un peu entamée, vent de dos, je rattraperais mon retard, ça va être encore plus le kif….youhouuuu!!!

Je fais mon demi tour devant des bénévoles adorables et sympathiques prenant  note au passage de mon n° de dossard….je parcours environ 200m et là….bim, bam, boum, des briquettes provenant probablement du mur du 30ème commencent à pleuvoir au dedans de ma caboche…

Bienvenue en marathonie…

Toute ma ceinture abdominale est contractée, je tâte et je sens mes abdos durs comme du bois, l’image qui me vient immédiatement à l’esprit ce sont ceux ( les abdos)  de Bruce Lee…ben ouai et tout ça n’est pas de bon augure… et pardon pour la référence sportive datée, mais je suis née en 1965..donc ce sera Bruce Lee…

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Donc j’en suis à me demander ce que viennent faire les abdos de Bruce Lee dans mon parcours puis mon cerveau dévie, parce que en plus d’avoir des abdos bétonnés, voilà qu’arrive un point de coté de la mort qui tue et même pas du bon coté en plus, bref….mon allure se dégrade, mon mental en prend en coup et j’apprends alors à courir un marathon en appuyant là où ça fait mal dans l’espoir que ça passe…et ça passe…mais ça revient dès que je relâche la pression digitale…je vais courir un moment comme ça, je ne sais pas combien de km au juste, le plaisir n’est plus vraiment au rendez vous, je suis seule, j’ai mal au ventre…et pour couronner le tout, pendant quelques minutes mon esprit me jouera des tours à me faire croire que mes doigts de pieds se sont liquéfié…hé ouai ça se passe comme ça en marathonie, parfois, tu y vis de drôles de chose…

Je suis dans un espace temps très étrange, je ne me sens pas fatiguée, simplement je n’avance plus pis j’en ai raz la carafe, alors de temps en temps, je m’arrête, puis je repars, puis je m’arrête à nouveau parce que héhoheinbon, ça va bien là!  on s’en fout du marathon après tout…l’arche d’arrivée OSEF aussi…rien à cirer…puis je me ressaisis, bref, je fais le yoyo un bon bout de temps…je reprends les tunnels sombres et noirs tout dégoulinant de flotte, si kiffants dans l’autre sens mais devenus maintenant si anxiogènes…chaque fois que je stoppe ma course pour respirer un peu, j’arrête le chrono… avec ma Garmin aussi je fais donc le yoyo, parfois je ne sais même plus si le chrono est en route ou non alors j’appuie dessus, au hasard…bref, je défonce comme je peux et au fur et à mesure, le mur qui se dresse devant moi… je passe le 30me en 3h24’28 » (temps cible 3h13’32 ») …j’en bave tellement que j’en oublie l’essentiel, et ça je t’en parlerais  plus bas dans le récit, pour l’heure donc, j’essaye de survivre, je m’arrête désormais à chaque ravito pour manger un bout de banane et stocker au passage, dans un coin de ma tête, les paroles bienveillantes et réconfortantes de tout ces si gentils bénévoles….

A coup de potassium « bananèsque » mes douleurs aux abdos et mon pseudo point de coté ont fini par se faire oublier, un peu…j’avance difficilement, j’échafaude des plans pour me soustraire à mon obligation de terminer ce marathon, ça me distrait, pendant ce temps là, j’oublie que je suis mentalement au plus mal et je continue d’avancer…mais à présent,  le 30ème étant passé, et alors que d’habitude à ce stade de l’épreuve je me sens toujours mieux,  pour l’heure, ça va de mal en pis… je sers les dents, je bouffe de la brique de mur de marathonien jusqu’au 37ème où là, dans un sursaut de je ne sais quoi j’essaie de me convaincre que c’est bientôt fini…tu parles, quand tu te tapes le mur, ben ma cocotte, c’est jusqu’au bout on dirait…c’est bien fait pour ta pomme, tu payes un déficit d’entrainement…à moins que ce ne soit le  départ à jeun , pourtant je n’ai pas faim…ou bien le choix des chaussures….

A force de souffrir j’ai quand même fini par avancer…un peu…et voilà que me vient, alors que j’essaie de calculer le temps que je ferais sur ce fichu marathon ( si toutefois  je parviens au bout)  la question qui tue: au fait, ça fait combien de kilomètre un marathon? 41 ou 42? …bon, pour les  derniers 195m je sais, mais pour le reste je ne me souviens plus et c’est très embêtant pour mes calculs ça, car vois tu, je suis peut être présentement en train de me défoncer la callebasse contre un mur mais n’empêche que j’aimerais bien ne pas faire plus de 5h…avec un marathon de 41km, ouaip, ça peut le faire, si je me reprends un peu…

Je me suis donc un peu ressaisie, je double un jeune homme qui marche et qui me dit qu’il ne peut plus courir, qu’il est blindé de crampe, je lui propose de la  sportenine et je continue ma route chaotique…je demande en chemin, aux bénévoles, le kilométrage qui me sépare de l’arrive…

« presque rien, 4km. »

puis plus loin encore: 

« presque rien 4km »

encore une fois mais avec une réponse différente:

« 4,5km »

Je cours à reculons, c’est officiel…je m’épanche alors auprès de qui veut bien m’entendre:

« j’en peux plus, raz le bol » 

on me remonte les bretelles:

« oh! tu en as fait 38, tu peux bien en faire 4 de plus »

De fil en aiguille j’arrive sur cette longue ligne droite qui annonce l’entrée du stadium où bientôt  je devrais faire alors une partie du tour de piste afin de  passer l’arche…je demande aux coureurs qui ont fini et qui repartent tranquillement combien de mètres il me reste avant l’entrée du stade:

« 800m »

« je ne te crois pas »

« si si, 800m! allez!!! go!!!! »

Je m’exécute, en grommelant que ça fait bien 1heure qu’on me dit qu’il ne me reste que 800m…puis j’entre dans le stade…

Je ne suis que souffrance depuis 2h30 mais dans un sursaut d’orgueil, regardant ma montre et sachant que c’est tout de même bien mal engagé, je tente malgré tout le sub 5h …j’accélère…coach-chéri me dira plus tard qu’il a trouvé ça bien étonnant…je mets ridiculement  mes dernières forces dans la bataille, je vois à ma montre 4h59 et des bananes, je sais que c’est mort pour les sub 5h que j’échange contre un sub 5h01, ça je peux, je le sais, alors je me jette à corps perdu dans la dernière ligne droite, c’est sans conteste un moment un peu pathétique mais je m’en moque…ça y est, j’y suis, à ma montre je passe l’arche en moins de 5h01′, c’est  terminé! mais c’est sans compter mes arrêts de chrono qui faussent donc le résultat annoncé à  ma montre, je ne le comprendrais que bien plus tard …à ce moment là d’ailleurs, le chrono, je m’en fiche un peu finalement, je m’affale sur une barrière de sécurité et je pleure toutes les larmes de mon corps….je ne pleure pas de dépit à cause de ce chrono dont je me moque éperdument à cet instant précis, je ne pleure pas de douleur, je vais bien, c’est fini..nan, je pleure d’effroi au regard de toute la détresse morale et physique que je viens de vivre pour boucler, dans la souffrance , ce 4ème marathon, à presque 52 ans…

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credit photo: coach-chéri

 

Le mot de la fin

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après l’effort, le réconfort…

Puisque je n’avais aucune trace de courbature ni aucune autres douleurs, pas plus que je ne souffrais d’un surplus de fatigue musculaire, j’ai repris l’entrainement dès le lendemain de ce marathon et ce même jour, le lundi 1er mai donc,  je me suis aussi inscrite au marathon de la Rochelle qui aura lieu fin novembre, je n’en ai donc pas fini avec cette distance…je ne suis ni déçue, ni triste, ni frustrée de ce chrono, je n’ai pas le sentiment de m’être loupée, j’ai juste vécue un marathon beaucoup plus difficile que les 3 précédents, rien de plus…

Je suis heureuse de l’avoir fait, je suis heureuse de l’avoir bouclé, je ne perds pas de vue que c’est un marathon un peu spécial et difficile (de par ses spécificités et de par son profil)  pour la modeste runneuse que je suis, j’espère faire mieux une prochaine fois, j’essaierais en tout cas…

Merci aux organisateurs, aux bénévoles et à toutes les personnes présentes sur le parcours qui ont veillé à notre bien être…merci à tous ces kinés et autres chiropracteurs, présents à Albi, qui ont œuvré pendant des heures avec beaucoup d’amour et de patience pour que les coureurs amateurs que nous sommes puissent bénéficier gracieusement d’une récupération optimum…je reviendrais à Albi, c’est certain….

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